Dialogue avec un ange
Samedi, janvier 31st, 2009 
» Quand il y a la vie, il y a la mort, dit l’ange. Il y a le chagrin et la joie ; il y a le bonheur et la souffrance, le feu et la cendre. Et il y a la lumière et l’obscurité, l’obscurité et la lumière. Toujours. Alors ? «
» Regarde « , dit l’ange.
L’homme et lui se tenaient au centre d’un espace sans contours, une plaine peut-être – sans vent ni couleur, sans pluie ni chant d’oiseaux. Autour d’eux, pas un son, pas une poussière, pas une pierre, ni un arbre.
» Regarde « , répéta l’ange. Il tendit le bras et un filet d’or, une corde de lumière apparut. Elle scintillait à son début, puis disparaissait vers l’horizon, perdant son éclat, se mêlant à l’obscurité.
» Vois, reprit l’ange, quand il y a la vie, il y a la mort. Alors ? »
L’homme resta d’abord silencieux ; peut-être devait-il apprendre à former les mots ; peut-être que rien n’existait encore dans son cœur – juste un creux, une faim, une étincelle. Il suivit des yeux le reflet doré aussi qu’il le put ; peut-être apprit-il à ce moment » ici » et » là-bas « , et encore « maintenant » et » plus tard « ; il pressenti l’espace et le temps, le passé et l’avenir. Il ouvrit la bouche et dit : » Oui. »
Une autre corde d’or, elle aussi allant s’obscurcissant, apparut :
- Quand il y a amour, il y a souffrance.
- Oui, acquiesça l’homme.
- Quand il y a vérité, il y a erreur.
- Oui.
- Quand il y a le jour, il y a la nuit.
- Oui.
- Quand il y a bonheur, il y a chagrin.
- Oui.
- Quand il y a le feu, il y a la cendre.
- Oui.
A chaque parole de l’ange, les cordes étincelantes apparaissent, mirages de beauté dont l’éclat rendait pourtant l’obscurité encore plus sombre. Et toujours la plaine, sans un souffle, sans une trace.
L’ange reprit :
» Il y a la mort, et il y a la vie. »
- Oui.
» Il y a la souffrance, il y a l’amour ; il y a l’erreur, et il y a la vérité ; il y a la nuit et le jour et il y a le chagrin et il y a le bonheur. Il y a la cendre et il y a le feu. »
L’homme restait silencieux.
» Regarde bien, insista l’ange. Il y aura la lumière et l’ombre – l’ombre et la lumière. Toujours. »
- Oui, répondit l’homme.
- Alors ? demanda l’ange.
Et l’homme se redressa ; son visage n’était plus lisse mais griffé au coin des yeux des petites rides de la joie et de l’attention et marqué au coin des lèvres des plis de larmes et du sourire. Il se tint debout, regarda autour de lui, prit sa première inspiration et dit :
» Oui. Je comprends. J’accepte. J’accepte tout. »
Et son cœur à ces mots s’emplit de toutes les joies et de tous les chagrins : de ces joies minuscules, aussi ravissantes qu’une menotte de nouveau-né et de ces joies immenses qui coupent le souffle et font vaciller les montagnes ; il connut tous les chagrins, ceux qui creusent, ceux qui nous écrasent et ceux qui rayent le cœur comme le diamant. Il connut l’espoir et la fin de l’espoir ; il connut l’hiver et sa morsure et l’obscurité et l’angoisse – et il vit la fraîcheur du printemps et l’éclat du rire au soleil. Il entra dans l’extase, oublieux de lui-même, et s’enferma dans la douleur, oublieux des autres. Et, sans se retourner, il fit un pas, un autre, et s’éloigna vers la lumière, et vers l’obscurité. Et l’ange chuchota – mais déjà le vent se levait : » N’oublie pas… »
Le cœur de l’homme s’emplit de toutes les joies et de tous les chagrins, dit l’ange. Je l’accepte, dit l’homme…..

…….Il vit la fraîcheur du printemps et l’éclat du rire au soleil.
SDVM !
Annick


















Je ne sais pas comment cela se passe pour vous, mais personnellement, le matin, j’ai beaucoup de mal à me lever, et les toutes premières heures du jour obéissent à un rituel bien déterminé. Après avoir longtemps hésité, j’ai choisi de me réveiller au son de la radio et de supprimer la sonnerie assourdissante ou le médiocre « bip-bip », qui donne envie de fracasser son réveil contre le mur. Ayant opté pour la FM, j’ai réglé mon réveil sur une radio d’information, au risque de commencer ma journée avec les catastrophes survenues pendant la nuit ou des résultats sportifs qui ne me passionnent guère…Depuis de nombreuses années, c’est la voix de l’actualité qui m’annonce l’aube.


