“Au coeur de la foi”
Je ne pensais pas que les questions que je posais pour mon mini-sondage allaient susciter, grâce à Phil, un débat sur la tradition… Je constate qu’il est animé et qu’il pose de bonnes questions comme celle de Laute. Je me réjouis aussi de constater qu’il est courtois. “La foi parle par la douceur”, nous dit Annick.
“Pourquoi pensez-vous qu’un grand nombre de gens ne “pratiquent” pas ?”. C’est en réponse à cette question que la liturgie a été pointée. A vrai dire, je m’y attendais. Peut-être pas sous la forme d’un débat sur le rite, certes. En effet, nous pouvons constater qu’il existe un certain nombre de nos contemporains qui ne se rendent jamais à aucun office religieux quel qu’il soit. Est-ce parce qu’ils ne croient plus en rien ? Peut-être. Croient-ils en Dieu mais ont-ils du mal à trouver leur place dans nos assemblées, dans nos liturgies… dans nos emplois du temps ? Peut-être aussi.
Depuis quelques semaines, les paroisses de notre doyenné testent un nouvel outil d’évangélisation. Nom de code : ”Au coeur de la foi”. Il s’agit de réunir chez soi des voisins ou des amis autour d’un thème religieux. Un paroissien planche sur le sujet, vient le présenter et répond aux questions qu’on lui pose. A la fin de la soirée, si les participants sont motivés, une nouvelle date est prise et un nouveau sujet est choisi.
L’expérience a eu lieu déjà deux fois avec des parents de jeunes de l’aumônerie qui se préparaient à recevoir un sacrement cette année. A la fin de la première rencontre, les 7 ou 8 participants étaient ravis d’avoir pu poser leurs questions sans préjugés et de manière très libre. Ils ont accepté sans problème de se rendre à une seconde soirée du même type. D’eux-mêmes ils ont proposé comme sujet : explication des gestes et des paroles pendant la messe.
Dimanche dernier, leurs enfants ont été baptisés ou ont reçu pour la première fois la communion. Des parents m’ont dit alors combien ils avaient apprécié les explications qu’on leur avait données… mais aussi combien c’était auparavant pénible pour eux d’assister à la messe sans être en mesure d’y participer de la même manière que l’assemblée.
A suivre…
Merci pour votre aide et vos réponses au sondage !
Pour l’heure, je m’en vais deux jours animer la traditionnelle retraite de profession de foi. Merci de prier pour tous ces jeunes de 5ème !
QDVB !!
Bruno
Si ça vous intéresse, je vous laisse en annexe (cliquez “Lire la suite”) le questionnaire préparatoire au synode sur l’Europe qui a eu lieu en 1999. Un premier synode sur l’Europe avait eu lieu en 1991. Les évêques de l’Europe de l’Est y sont arrivés avec beaucoup de certitudes. Jean-Paul II leur donna donc rendez-vous quelques années seulement après. L’ambiance n’était déjà plus la même…
QUESTIONNAIRE
Le présent Questionnaire suit le texte des Lineamenta et pose des questions pour favoriser la réflexion sur les divers arguments, de façon à faciliter l’élaboration des réponses en vue de la composition du futur Instrumentum laboris.
C’est pour cette raison que, si les Lineamenta présentent un caractère qui, par nécessité, est général et commun, le Questionnaire entend orienter l’attention sur les conditions concrètes des communautés et des Églises locales, en provoquant des réponses qui révèlent les exigences et les attentes particulières et immédiates.
Les questions touchent les arguments et les situations qui se présentent de façon plus pressante dans les Églises locales de l’Europe d’aujourd’hui; toutefois, elles ne prétendent aucunement correspondre à toutes les aspirations et nécessités possibles. Toute liberté est laissée pour ajouter aux réponses les suggestions et indications qui reflètent l’état actuel des faits.
Deux Synodes pour l’Europe d’aujourd’hui
1. La Première Assemblée Spéciale pour l’Europe s’est tenue en 1991, à peine deux ans après les événements de 1989 dont les conséquences peuvent aujourd’hui être considérées dans une vision plus complète.
Quels signes les événements de 1989 ont-ils laissés dans votre Église? Quelles occasions se présentent de façon visible dans les nouvelles conditions de vie en Europe? Peut-on parler de désillusions, après les événements de 1989? Et quelles sont-elles? Quels signes positifs peut-on observer quant à l’accueil de l’Évangile? Quels sont les signes de renouveau identifiables dans la façon de vivre le mystère du Seigneur vivant dans son Église? À quels dangers et quelles menaces se trouve-t-on maintenant confrontés?
2. Dans la situation religieuse et morale de la société moderne en Europe, quelles sont les principales préoccupations de l’évêque? Comment effectue-t-il l’examen de conscience sur les nouvelles circonstances et qu’en découle-t-il pour son ministère?
L’Église, la culture et la société
3. Comment réagit votre Église devant le pluralisme de foi et de culture en Europe? De quelle façon se base aujourd’hui l’éthique dans la société? À quelles racines culturelles s’alimentent l’athéisme, l’agnosticisme et l’indifférence religieuse contemporaine?
4. Comment, dans votre milieu, se manifeste le détachement entre le progrès et les valeurs de l’esprit? Quelles conséquences constatez-vous dans le difficile rapport entre la liberté et la solidarité? La liberté religieuse est-elle favorablement accueillie et est-elle respectée autour de vous, ou bien existe-t-il encore des épisodes d’intolérance?
5. Quels sont les aspects des relations entre l’Église et l’État qui doivent encore être approfondis? Avez-vous le sentiment que, parfois, la foi est utilisée pour défendre les nationalismes?
L’Église mystère, communion, mission
6. Dans votre milieu, existe-t-il la conscience que l’Église est mystère, communion, mission? Ou bien, est-ce une autre conception de l’Église qui prévaut ?
Mystère et liturgie dans l’Église
7. Dans votre Église, quelle considération et quelle attention reçoit le mystère divin dans le cadre de la liturgie et des célébrations du culte? La liturgie représente-t-elle un événement de la présence de Dieu et un temps d’union avec le Seigneur, ou bien ce qui prévaut, est-ce l’expression extérieure de capacités et de dons humains pour guider l’assemblée dans l’observance des rubriques, dans le déroulement des rites, dans l’emploi de la voix ou l’exécution des gestes?
8. Dans votre milieu, comment se manifeste l’exigence de spiritualité et quelle réponse y est-elle donnée?
Communion et service dans l’Église
9. Dans votre Église, à travers quels gestes les croyants parviennent-ils, aujourd’hui, à manifester la communion avec Dieu et avec le prochain? Quelle forme de collaboration assurent les laïcs et les religieux pour rechercher la communion dans l’Église? Quelles relations sont établies avec les chrétiens peu croyants ou ceux qui sont lointains?
10. Dans votre milieu, le manque d’unité entre les chrétiens a-t-il des conséquences particulières? De quelles façons l’œcuménisme se manifeste-t-il dans votre Église? Quelles sont vos expériences et vos difficultés dans les relations avec les autres Églises? Que pensez-vous du phénomène de la diffusion des sectes, et comment l’affrontez-vous?
11. La communion est une prérogative de l’Église, mais elle devient aussi un devoir: dans votre Église, comment se manifeste ce service de communion à assurer dans les différents milieux et envers les personnes les plus diverses, au sein de la communauté ecclésiale et en-dehors ?
Mission et témoignage de l’Église
12. Dans votre ministère, la nouvelle évangélisation est-elle centrée sur la personne de Jésus-Christ vivant dans l’Église, en tenant compte des nouvelles conditions anthropologiques et historiques? La nouvelle évangélisation est-elle ressentie comme un engagement premier? S’il est vrai que l’Europe a une âme chrétienne, le sens spirituel du processus social et politique peut-il, dans votre Église, devenir un chemin pour la nouvelle évangélisation ? De quelle façon, en Europe, la nouvelle liberté inspire-t-elle la nouvelle évangélisation? Quels sont, dans votre entourage, les obstacles à la nouvelle évangélisation ?
13. Dans le témoignage chrétien, quelles sont les priorités que demande votre milieu? Quelles personnes ont davantage besoin du témoignage de la charité venant des chrétiens? Comment le service à la vie, depuis sa conception jusqu’à son terme naturel, est-il assuré? Quelle attention est accordée aux abus sur les personnes et à ceux qui sont le plus exposés à la misère matérielle et morale?
Jésus-Christ, l’Église et l’espérance
14. Jésus-Christ, vivant dans son Église, est source d’espérance pour l’Europe. De quelle façon la spiritualité, la communion et le témoignage missionnaire de l’Église peuvent-ils alimenter l’espérance en Europe aujourd’hui? L’espérance qu’offre votre Église se base-t-elle sur l’offrande des biens propres à l’Évangile, ou bien s’appuie-t-elle sur d’autres ressources?
Extraits (cf. texte intégral)
22/05/2008






23/05/2008 à 6:26
Mon Père,
Je vous remercie et vous félicite pour votre “weblog”. J’y suis arrivé par hasard, étant venu voir sur le site de Pélerin si les propos récents de Darío Cardinal Castrillón Hoyos, le président de la Commission Pontificale Ecclesia Dei, y étaient rapportés. Évidemment, ils ne l’étaient pas — ce qui ne m’a pas surpris.
Ce ne fut pas du tout une visite pour rien ; au contraire, il y avait en page d’accueil un lien vers votre “weblog”, qui ce jour-là avait pour dernier article le mini-sondage. Je n’ai pas souvent l’occasion de ferrailler en langue française pour la défense de la foi catholique… mais m’y voici en plein, grâce à Pélerin, qui l’eût cru ? Quis enim cognovit sensum Domini ?
Tout de même, mon Père, puisque vous y venez: vous ne vous attendiez pas à un débat au sujet du “rite”, écrivez-vous. Or, la question liturgique n’est pas anecdotique, bien au contraire: lex orandi, lex credendi — au-delà des abus liturgiques post-conciliaires que plus grand-monde ne nie, se pose la question du sens de la messe selon le Novus Ordo, et au-delà, du sens des sacrements ré-inventés par le diktat d’une commission. D’ailleurs, c’est bien à Paul VI (c’est dire) que la nouvelle liturgie fit dire que “les fumées de Satan sont entrées dans le Sanctuaire” — ce n’est pas moi qui l’invente.
Je ne vais pas répondre aux questions du synode, à mon avis déjà dépassées par un délabrement de l’église post-conciliaire bien plus grand aujourd’hui qu’il ne l’était il y a vingt ans. Une remarque, toutefois, en passant: ce qui m’a frappé, à la lecture rapide de ce pensum, c’est que le mot “catholique” n’y apparait pas une seule fois. Cela me parait assez révélateur de l’état des lieux. Pas à vous ?
In Domino,
Phil
23/05/2008 à 7:42
” La foi n’est pas une connaissance, mais une perte de connaissance dans l’abîme.”
Marie Noël
23/05/2008 à 7:44
“Rien qu’aujourd’hui, j’essaierai de vivre exclusivement la journée sans tenter de résoudre le problème de toute ma vie.
Rien qu’aujourd’hui, je ne critiquerai personne. Et ne prétendrai redresser ou discipliner personne, si ce n’est moi.
…Je serai heureux, rien qu’aujourd’hui, dans la certitude d’avoir été crée pour le bonheur, non seulement dans l’autre monde, mais aussi dans celui-ci.
Rien qu’aujourd’hui je m’adapterai aux circonstances, sans prétendre que celle-ci se plient à tous mes désirs.
Rien qu’aujourd’hui, je ferai une bonne action, et je n’en parlerai à personne.
…Rien qu’aujourd’hui, j’établirai un programme détaillé de ma journée. Et me garderai de deux calamités : la hâte et l’indécision.
Rien qu’aujourd’hui, je ferai au moins une chose que je n’ai pas envie de faire et, si j’étais offensé, j’essaierai que personne ne le sache.
….Rien qu’aujourd’hui, je croirai fermement, même si les circonstances prouvent le contraire, que la bonne Providence de Dieu s’occupe de moi, comme si rien d’autre n’existait au monde.
Rien qu’aujourd’hui, je ne craindrai pas. Et tout spécialement, je n’aurai pas peur d’apprécier ce qui est beau, et de croire en la bonté.”
Jean XXIII
23/05/2008 à 17:59
Père Bruno,
Je suis de tout coeur (et en union de prières) avec vous tous !
Bonne retraite à tous je penserai bien à vous.C’est un moment fort, stressant, mais plein de joies pour les animateurs et les jeunes.
Je vous souhaite d’être autant aidés et soutenus par les parents que nous l’avons été… (près de 80 % des parents ont participé à une activité de ce temps de retraite, encore plus que l’an passé).Oui les parents ne pratiquent pas régulièrement mais ils ont eu une disponibilité, une gentillesse extraordinaire, et l’audace de se lancer dans l’animation de ce temps fort….
Les jeunes ont été égales à eux-mêmes : à la fois turbulents et incroyablement concentrés et recueillis, sincères dans leurs réflexions, dans leur prise de conscience de leur turbulences, et leur démarche de pardon…
J’en rends grâce au Seigneur !
Sourire d’Avril
23/05/2008 à 19:03
Depuis quelques jours sur le blog, il y a un manque…..plus de petites histoires….où est passé Miss14 ?
Miss14, je te fais parvenir ce “doux” petit billet ! en souhaitant qu’il “embaume” ton cœur.
Le mal être qui vient ronger l’âme et le corps, le souffle de la vie, est en excès sur toute explication. Ose ne pas comprendre, et pourtant ne pas t’en satisfaire. Ecarte toi de cette question : comment croire, pour une autre : en qui croire ?
Croire au Dieu qui porta sur la croix la question :”Pourquoi m’as-tu abandonné ?” Ce pourquoi –là emporte nos sanglots et nos désespérances vers le Père. Il est la force que nous n’avons plus. Le Dieu auquel je crois, pleurant son ami Lazare, éprouvant la peine de ses sœurs, dit :”Lazare sort de ton tombeau !” Un homme a osé dire :”Sors !” Et il l’a réalisé. Lazare est sorti( il s’est relevé = résurrection) , ses bandelettes furent enlevées ( ses humeurs 0%! : liens de “mort” sont enlevés). Ce dieu-là, cet homme-là, n’explique pas nos larmes, ne répond pas au pourquoi du malheur. Sans doute est-ce pour cela que je Le crois vrai. Son parti est celui de l’humain, recommençant à chaque aube, y compris quand celle-ci ne paraît plus pouvoir percer la nuit noire des désespoirs.
Miss14, c’est au fond des humeurs 0% qu’il faut croire. Sinon ta foi est un luxe. Futile et superflue. Lorsque les épreuves nous atteignent, l’espérance nous murmure que les pas de l’Ami nous y ont précédés.
SDTM !
Annick
24/05/2008 à 1:25
- C’est très joli tout ce que tu viens d’écrire là ma chère Annick; MERCI.
Mon silence a été un petit arrêt volontaire, comme tu le sais, je ne peux pas mener tout de front et mes soucis par rapport à ma soeur m’ont bien fait réaliser l’importance que certaines ont par rapport à d’autres…… certes vous êtes importants pour moi, mais ma soeur passe avant vous, mais pas vraiment avant moi, alors il m’a fallut me protéger et faire bien attention à ma personne .
” …….Le mal être qui vient ronger l’âme et le corps, le souffle de la vie, est en excès sur toute explication. “comme tu l’as si bien dit !
Je sais dorénavant que lorsque je connais les humeurs 0% notre Seigneur n’est jamais très loin, c’est là-même qu’il m’y a trouvé un jour, il connait désormais mon endroit de “repli”. Il m’aide égalements à oter ces bandelettes qui m’empêchent de remonter à la surface.
Pour les histoires je reviendrai, c’est promis…….
Tu es dans mes pensées et mes priéres.
~Miss14 ~ + Bloguinette pour toi !
24/05/2008 à 12:26
“Dieu surgit dans les profondeurs des mères et fait monter en elles, comme une lame de fond, une insondable tendresse que nulle digue ne saurait arrêter, que même un océan de peines ne saurait dissoudre.”
Bonne fête à toutes les mamans !
24/05/2008 à 23:43
à Phil:
J’ai lu dernièrement une pensée du jour de Omraam Mikhaël Aïvanhov qui traite du Christ. Du moins l’auteur développe sa façon dont il voit la “Deuxième Personne de la Trinité” . Il me semble à première vue que cette façon de voir les choses vont à l’encontre du Dogme où selon ce que j’ai appris(Credo) que Jésus était le Christ, que Jésus du fait qu’il est le Christ, est Eternel, que Jésus est Dieu incarné, etc.
Il me semble que si l’on ne fait pas trop attention…. on pourrait tomber facilement dans un piège anti-dogmatique et peut-être soutenir que si Jésus n’avait pas pris conscience qu’il était le Christ, il aurait tout simplement jamais pris conscience qu’il était Dieu, par nature,et …. qu’il était “consubstanciel” au Père et à l’Esprit Saint.
Ce qui m’intrigue un peu dans les Ecrits de cet Auteur, que je crois Déiste,non chrétien nécessairement, est qu’il affirme souvent que l’Homme est Dieu ou un dieu et…, que ce serait tout simplement d’en prendre conscience. Supposons que ce raisonnment était vrai….un Athée qui ne croit pas en Dieu, serait Dieu quand même, c’est tout simplement une question de temps et de prise de conscience. Il me semble qu’il ya quelque chose qui ne fonctionne pas dans ce raisonnement.
Aujourd’hui, surtout dans les mouvements /éso/ plusieurs se prennent pour Dieu. Ils ou elles auraient été “initiés (es)” et auraient d’une certaine façon “assomptionnés(es)” même s’ils (elles) vivent encore avec nous.
Je m’adresse plus spécialement à Phil quoique d’autres peuvent intervenir.
Georges Henri
Voici le texte en question:
“C’est en tant que principe cosmique que « le Fils », la deuxième personne de la Sainte Trinité, est appelé le « fils unique » de Dieu. À ce principe cosmique on a donné le nom de Christ. Et par son travail, c’est à ce principe cosmique que Jésus s’est identifié.Ce n’est pas parce qu’on emploie les mêmes mots, « père » et « fils », qu’on doit confondre des réalités humaines avec des réalités cosmiques. Dieu le Père est le principe créateur de tout ce qui existe, et son Fils, que les chrétiens ont appelé le Christ, est sa première émanation.
C’est ce principe christique qui doit descendre dans chaque âme humaine par la puissance de l’Esprit Saint afin que chacun devienne un vrai fils ou une vraie fille de Dieu.
Jésus a été le conducteur du Christ, il a été la voix du Christ, il a servi le Christ, il s’est identifié au Christ, mais il n’est pas le Christ.
En tant que principe cosmique, le Christ peut s’incarner dans un être humain qui s’est préparé à le recevoir ; mais à lui tout seul, un être humain, aussi exceptionnel soit-il, ne peut être l’unique incarnation de Dieu, cela n’a pas de sens.”
Omraam Mikhaël Aïvanhov
25/05/2008 à 13:19
à Phil:
un autre texte du même auteur où il donne des “précisions” sur la personne même de Jésus et il en rajoute concernant toute la création.
Quoi sortir de tout cela. Les autres peuvent également intervenir.
“Le Christ, qui est la deuxième face de Dieu Lui-même, n’a jamais pris de corps physique, il entre seulement dans les âmes et les esprits qui sont prêts à le recevoir et à se fusionner avec lui. Donc Jésus, comme tous les autres grands Maîtres de l’humanité et fondateurs de religions, devait parcourir tout un chemin avant que cet esprit descende en lui. S’il a été appelé Jésus-Christ, ce n’est pas parce qu’il était le Christ, mais parce qu’il a reçu le Christ.
On peut dire que Jésus était Dieu, mais dans le sens où vous, moi, les animaux, les arbres, les pierres, les étoiles… sommes aussi Dieu. Puisque tout ce qui existe est issu de la substance divine, en ce sens tout est Dieu. La seule différence est dans la conscience, et Jésus avait la conscience la plus haute de la présence de Dieu en lui. C’est donc cette conscience que nous devons développer, jusqu’à nous fondre dans la Divinité pour pouvoir dire un jour comme Jésus : « Mon Père et moi, nous sommes un. »”
Omraam Mikhaël Aïvanhov
Il est bien sûr qu’il y a beaucoup de nuances dans ce texte et l’autre texte qui le précède dans l’autre communication antérieure. Quel est le rapport avec le Credo de l’Eglise Catholique? Voilà tout un débat, semble-t-il ?
Georges Henri et que DVB tous et toutes.
25/05/2008 à 16:49
Phil, Georges-Henri, pour moi Dieu se trouve dans l’ordinaire !
Tout le monde semble d’accord sur le fait que le bonheur n’est pas dans l’accumulation (accumulation de connaissances aussi !!) mais se joue dans l’impalpable.
La “Sainte religion”, Le “saint autel qu’environnent les anges” est, je pense effectivement pour les anges et non pour les hommes. Ces cérémonies abstraites, se situent dans un ailleurs étranger à ma vie. Votre vie est-elle plus spirituelle et plus ardente, que la mienne ?
Je sais, tout est compliqué, même la messe et ses incompréhensibles mystères. Se l’avouer c’est se reconnaître petit. Mais, si l’on réfléchit bien, tout n’est-il pas dit avec un Notre Père et un Je vous salue Marie ?
Regardons ce que les mots contiennent de l’ordinaire de nos vies et de l’ordinaire du monde….La plupart de vos mots n’ont pas atterri en moi, et sans doute à d’autres aussi. Ils appartiennent à un temps, à un Dieu inaccessible. Atterrissons ! Quand des vérités deviennent évidentes et nous éclairent de leur lumière, pas besoin de lire le latin, d’être “savant” pour voir scintiller les millénaires !
Apprenons à découvrir ce que l’ordinaire des jours contient de lumière, à se poser des interrogations sur notre place d’homme au milieu des hommes. Confrontons notre vie à la parole du Christ, nous “gourmander”, nous corriger, pour une autre lumière pour d’autres bonheurs.
Qu’est-ce qui alimente ou fait naître notre vie ? Sommes-nous nourris d’Esprit ? Pour être passeurs de flamme, encore faudrait-il la posséder. La suite viendra. Elle sera ce que nous en ferons. Ce qui doit nous occuper :”chercher le Royaume de Dieu et sa justice.” Le reste nous sera donné de surcroît
La Beauté et l’Amour sont beaucoup plus simples que nous l’imaginons.
QDVB !
Annick
26/05/2008 à 6:45
Georges Henri,
Je ne suis pas un spécialiste, loin s’en faut, des hérésies sorties de l’Église Orthodoxe. Car il c’est bien de cela dont il s’agit. Aïvanhov était un disciple de la secte gnostique de Deunov, sectes aux connections et ramifications maçonniques, qui fut déclarée hérétique dans les années 20 par le patriarchat autocéphale bulgare. Dans la mesure ou ne divergeons, essentiellement, des Orthodoxes bulgares que relativement à la question du Filioque (et, bien entendu, de la façon dont doit s’entendre la primauté inter pares de l’évêque de Rome), j’ai toute confiance dans le fait que le patriarchat bulgare prit la décision juste.
Ceci étant considéré, nous pouvons tout de même remarquer, pour répondre à votre question, que la christologie de Aïvanhov est entièrement incompatible avec, par exemple, le Credo de Nicée:
[…]
Et in unum Dominum Iesum Christum,
Filium Dei Unigénitum,
et ex Patre natum ante ómnia sæcula.
Deum de Deo, lumen de lumine, **Deum verum de Deo vero**,
génitum, non factum, **consubstantialem Patri**
[…]
**: c’est moi qui souligne.
L’avantage du catholicisme, c’est que sa doctrine est limpide. Pas besoin de se torturer le cerveau pour savoir où est le milieu de la route. Il suffit de suivre les panneaux.
In Domino,
Phil
Donc, puisque vous me faîtes l’honneur de me demander mon avis, je me permets de vous suggérer de vous tenir à l’écart de ces théories gnostiques, condamnées de manière régulière et consistante depuis l’excommunication de Marcion en 144.
26/05/2008 à 14:27
Phil:
je te remercie beaucoup de m’avoir répondu si promptement.
Il est bien sûr qu’il m’arrive de lire Omraam Mikhaël Aïvanhov de temps à autres tout en étant assez critique. Je pense bien qu’il faut faire bien attention parce que le “venin” peut se glisser à travers l’othodoxie de la Doctrine Chrétienne.
Je voudrais te signaler qu’un Canadien-français, Jean Tardy, a écit dernièrement une livre intitulé :”La voie du Dogme”(défense de la Foi)
En fait, l’auteur est une personne qui avait perdu la foi dans son adolescence et l’a recouvrée dans la quarantaine. Il serait devenu athée et a même combattu l’Eglise en faisant des conférences, etc. La Vie a fait qu’il s’est reconnu et converti.
Son oeuvre ,en fait, (508 pages) relate comment les athées et les agnostiques font pour jeter du discrédit sur le Dogme.(Crédo de Nicée) . Il explique en long et en large la façon dont on se prend pour jeter du doute et du discrédit sur la Parole en se servant justement de la Parole, Elle-même. On explique comment on peut “manipuler” les Ecritures en introduisant dans les “textes” de la fausse doctrine.(par exemple en se servant parfois seulement de la ponctuation dans un texte). D’après lui, ça fait plus de 50 années de le petit “jeu” fonctionne et que les “hérétiques modernes” ont un peu réussi parce que les “catholiques” ne se méfient pas assez des “fossoyeurs de la Foi Chrétienne”. D’après lui, la meilleure façon de “tuer” le Dogme ce n’est pas en l’attaquant de “front” mais en ayant la subtilité d’en déformer le “sens” en y infiltrant des faussetés d’ordre doctrinal. Plusieurs gens n’y voient que du “feu” et ne vérifient même pas. D’ailleurs , on a vu cela dernièrement avec Le Code Da Vinci.
Il me fait toujours plaisir de te lire et que tout notre monde du Blog passe une très belle semaine.
Il y aurait un site internet concernant ceci: www.directlivre.com ou info@directlivre.com
Georges Henri
02/06/2008 à 9:44
La communication est pour le chrétien une question lancinante. Nous sommes aussi vulnérables, aussi faibles que les chrétiens primitifs, à cela prés que nous sommes dans une société qui n’est pas neuve par rapport à notre message, une société déjà vaccinée. Il n’est pas facile de relancer notre message, parce qu’elle a déjà les anticorps qui encapsulent notre message et le détruisent dès qu’il est lâché.
L’athéisme est souvent une dénégation et un refoulement (il existe des textes refoulés, des traditions refoulées ; ces refoulements agissent depuis l’inconscient, mais sous forme de symptômes mal vécus, mal exprimés.), et non vraiment l’athéisme. Rare sont ceux vraiment athées par doute, par incertitude, par profond agnosticisme. Habituellement, c’est plutôt une affaire de dénégation en vrac, en masse. On manque de véritable esprit critique, de dialogue ; à quoi s’ajoute une inculture profonde et une difficulté, déjà, de transmettre à nos proches, à nos enfants. Or, la communication, c’est d’abord la transmission de génération en génération.
La communication veut de plus en plus du direct, du rapide, de l’immédiat. Or, les religions sont des “machines” à ralentir, à regarder; au sens de la méditation, du trouble, de l’interprétation. En ce sens, les religions marchent à contre-courant des médias.
Comment et quoi communiquer, dans un tel contexte ? Quelle image, quelle publicité ? On change de technique de communication ou de pédagogie…il faut que cela plaise, que cela marche…..
On peut imaginer un contenant qui change et un contenu qui ne change pas, des formes adaptées selon les époques. On ne peut pas isoler complètement le contenu, parce que, sinon, on aurait juste un dogme, on n’aurait pas la Bible. Dans la Bible, le contenu est inséparable des modes de communication, qui sont pris dans des genres littéraires différents : les Evangiles, les lettres de Paul, l’Apocalypse…On ne peut pas ramener la communication à une technique. C’est au niveau du contenu même qu’il faut ouvrir le débat. On ouvre alors la boîte aux questionnements ! Le christianisme doit perpétuellement réinventer, retrouver ses racines et, en même temps, retrouver sa prédication.
La communicabilité de l’Evangile comme problème, hésitation, est inscrite dans le programme même des évangiles. L’Evangile est un message, une lumière, un Parole qui a été rejetée. “La lumière est venue dans ce monde et ce monde n’en a pas voulu”. Le prologue de Jean rappelle que Dieu a voulu un homme libre de recevoir ou de rejeter ses messages, sa Parole, le Verbe même. Le message est rejetable, résistible. C’est le propre de tout ce qui exerce une autorité.
La crédibilité de l’émetteur va dépendre uniquement du récepteur qui va la reconnaître. L’apôtre Paul répond à ses interlocuteurs lui demandant :” Donne-nous des preuves que tu es bien l’apôtre que tu dis être”, ” Mes lettres de garanties, mais c’est vous !” Quelle confiance ! Pour moi, c’est là une indication très importante sur ce qu’est la communicabilité de l’Evangile. Tout le monde doit pouvoir le comprendre. Comme dit Paul, c’est toujours en miroir, en images, en paraboles, en métaphores, c’est sous la forme de récit, de fable, que la communication opère. On ne peut pas jeter la fable et ne garder que la morale.
Si pour casser la gangue, pour trouver juste le germe, le fruit tout pur, vous enlevez toutes les gangues, vous n’aurez rien ; vous aurez tué le germe. Vous êtes obligés de prendre les enveloppes avec le fruit. C’est une des difficultés de la communication, parce que nous cherchons toujours à en venir à l’essentiel.
Une démonstration mathématique faite par un mathématicien en France peut être comprise par un Chinois très facilement. La foi chrétienne n’a pas cette forme d’universalité. Dans la foi, l’homme n’est pas comme un seul homme. Il est brisé par la continuité de la naissance et de la mort. Comme si avec les enfants qui grandissent, il fallait à chaque fois tout réinventer. Certes, on ne réinvente pas tout. Mais il y a une sorte de recommencement. Il faut laisser la place à la génération qui suit, la place de recommencer. Il faudra que les enfants le retrouvent eux-mêmes. Quand ils l’auront retrouvé, ils vont dire :”Mais c’était cela !” Ils ouvriront, comme moi !, les textes des pères spirituels…Mais, c’était cela ! Ils l’avaient déjà trouvé ! Ils ne peuvent pas le lire tant qu’ils ne l’ont pas eux-mêmes éprouvé, tant qu’ils ne l’ont pas vécu, tant qu’ils ne l’ont pas réinventé eux-mêmes.
Je pense que les enfants de nos enfants seront habités par la même question. Ils auront ce bonheur anxieux, soit par la poussée d’une mémoire ancienne, soit par la force de réinventer, de recommencer, parce que les deux vont ensemble. C’est en réinventant qu’on rouvre la mémoire ; c’est en rouvrant la mémoire qu’on peut réinventer à nouveau. Les enfants de nos enfants en seront encore là.
Bonne journée à tous
QDVB !
Annick