Petit sondage

Depuis deux ans, les étudiants de la paroisse se réunissent une fois par mois pour un temps de prière et de réflexion biblique. L’année prochaine, j’aimerais bénéficier de l’élan des JMJ pour modifier un peu le concept.
Avec ces jeunes adultes, avec Benoît qui les accompagne et avec l’équipe pastorale nous avons commencé à imaginer des possibilités.
Mais je profite de cette phase de réflexion pour vous proposer de répondre à un tout petit sondage.
Vous pouvez y réagir personnellement en postant un commentaire. Vous pouvez aussi poser ces questions autour de vous et me communiquer les réponses.
* * *
- 1 - Selon vous, quel est le plus grand besoin de votre quartier ?
- 2 - Pourquoi pensez-vous qu’un grand nombre de gens ne “pratiquent” pas ?
- 3 - Si vous étiez à la recherche d’une communauté religieuse, qu’aimeriez-vous y trouver ? Quels types de propositions vous intéresseraient ?
- 4 - Etes-vous allé récemment à des célébrations religieuses ? Si oui, qu’avez-vous apprécié ? Qu’avez-vous regretté ?
* * *
Merci de votre aide.
QDVB !!
Bruno
20/05/2008




20/05/2008 à 22:56
Alors je vais tenter quelques réponses, fruits de ma réflexion, mais aussi de ce que j’ai pu “glaner” à l’occasion des discussions de table du parcours alpha, ou au cours de nos années d’encadrement scout.
1/ Ce qui me parait un des plus grands besoins des gens aujourd’hui: trouver des lieux de convivialité et d’échange, et surtout des lieux d’écoute. Les gens ont un immense besoin d’être écoutés…
2/Sur les raisons de la forte baisse dans la pratique au cours de toutes ces dernières années, il y aurait beaucoup trop de choses à dire, c’est très complexe, et les causes sont multiples. Je ne me lancerai donc pas ici! Mais par contre, ce qui est certain et tangible, c’est que plus nos communautés seront fraternelles et accueillantes, et plus nos liturgies seront belles et soignées, plus elles seront attirantes….
Un exemple simplement: l’autre jour, un baptême était célébré au cours d’une eucharistie, ainsi que des premières communions, et la messe avait été particulièrement belle, porteuse, avec de beaux chants, la chorale, des instruments, etc…et à la fin, un jeune couple (invité là, de passage, et n’allant presque jamais à l’église habituellement) est venu trouver notre jeune vicaire pour lui dire que la célébration les avait bouleversés, et qu’ils avaient été vraiment très touchés ! Quelle joie pour le prêtre !
3/ Perso ce que je préfère, mais aussi ce que j’ai expérimenté auprès des jeunes (17 à 25 ans):
-les soirées louange/adoration: des temps vraiment forts de prière qui vous portent et vous regonflent
-les soirées témoignage/débat : on fait venir un (ou même plusieurs) intervenants en fonction du thème choisi. Un beau témoignage ça touche, ça percute, et ça débouche souvent sur des discussions intéressantes.
-tous les temps de convivialité: dîners festifs, piques-niques sur l’herbe à la belle saison, ou moments sportifs (marches en forêt, rallye auto …etc)
4/ j’avoue être très sensible à la musique et à la beauté des chants (donc évidemment, quand l’animatrice chante faux, je souffre!….) mais ce qui compte aussi beaucoup c’est la participation de l’assemblée, le côté priant de la célébration, la qualité des lecteurs, et bien sûr….la FOI et la JOIE du prêtre et ….(pourquoi pas?) cette petite phrase de l’homélie qu’on avait justement besoin d’entendre et qui va nous rejoindre et nous nourrir toute la semaine !
Voilà ce que je pourrais dire, comme ça, un peu à brûle pourpoint.
Bon courage père Bruno!
Alouette
21/05/2008 à 9:12
Juste un mot en passant… la réponse à la question #2 est très simple: les gens ne pratiquent plus car le Novus Ordo de 1970 est trivial, banal, et dans de nombreux cas est conduit de manière entièrement impie.
Je n’assiste qu’à la messe selon l’ordo de 1962. Toutes les églises et chapelles dans lesquelles je me rends sont systématiquement pleines - de plus, avec beaucoup de jeunes familles, nombreuses, beaucoup d’enfants. Le concile Vatican II a abouti, ainsi que l’avaient bien vu les visionnaires dissidents de l’époque, à la destruction de la foi et à la décrépitude rapide de l’église conciliaire. Dans quelques années, des diocèses entiers seront pratiquement vides de toute pratique catholique, à l’exception des nids de tradition. Sur ces ruines subsisteront les mouvements protestantisants d’obédiences variées et les débris de l’église conciliaire.
Hors de la tradition catholique, il n’est point de salut.
21/05/2008 à 9:45
bonjour
j’ai 57 ans et je voudrais appronfondir ma foi, pour l’instant, je vis tantôt en charente tantôt en normandie et lorsque je vais sur les sites des diocèses concernés je ne vois pas grand chose me concernantet j’avoue avoir une certaine réticence à m’adresser aux nouvelles communautés genre le “chemin neuf”et autrement pour “les recommençants éventuelsque faut il faire?
21/05/2008 à 14:04
Mauvaise humeur !!
Phil, à quand une assemblée d’individus transformée en une communauté fraternelle ? Fraternelle! “Si tous les gars du monde voulaient se donner la main…”
L’homme a encore beaucoup à faire pour apprendre son métier d’homme et sa vocation à la fraternité universelle .La foi est une longue marche !
Certains, à tous niveaux de l’Eglise-Institution, pensent que rien ne doit être amélioré, qu’il faut au contraire persévérer dans une tradition qui est censée montrer demain ses bienfaits. Elle est redoutable pour l’avenir la formule si désespérante de mes frères intégristes : “Ce n’est pas la messe qu’il faut adapter, c’est le pratiquant qui doit s’adapter.”
Il n’est pas question de “changer” la messe. Elle est et restera cette présence des croyants à la Passion et à la Résurrection de Jésus. Elle est la nourriture spirituelle par la Parole et par le Pain d’En-Haut. Mais tenter de rendre cette Nourriture comestible pour un grand nombre d’hommes et de femmes d’aujourd’hui n’est pas une trahison. C’est la passivité d’un statu quo sans âme qui est scandaleuse. Là où il faudrait un dynamisme nouveau, beaucoup se voient offrir seulement un retour vers les habitudes d’avant-hier. Mais peut-on bâtir un avenir sur la nostalgie d’un âge d’or (supposé) ? Non pas faire table rase de la mémoire, mais au contraire, honorer la tradition, dans sa capacité à s’adresser à un monde neuf, à servir l’humanité telle qu’elle est en ce temps. Car la tradition est là pour rendre compte de la vie toujours nouvelle de l’Evangile
Répéter les mots d’hier sans leur donner un sens compréhensible pour aujourd’hui, ne peut suffire à l’intelligence de la foi.
Propos entendus :
- “Pourquoi s’émouvoir que la messe en latin puisse être rétablie ? On n’y comprend rien ! Mais on ne comprend rien non plus au jargon utilisé actuellement et qui a nom de “français”. Les messes sont de plus en plus désertées et la non compréhension de ce qui y est dit en est, en partie, la cause. Alors en latin ou pas, qu’est-ce que cela change?”
- “J’ai compris que l’évangile était l’histoire d’amour que le plus simple d’esprit pouvait vivre pourvu qu’elle lui soit annoncée dans une langue qu’il comprenait. Dans l’évangile, il est dit une fois pour toutes “que tous soient un pour que le monde croie”. Je pense que nous n’en prenons pas le chemin.”
- ” Je rêve du jour festif où tous les chrétiens seront invités à se réunir dans chaque église, non pas pour débattre des problèmes de célébration, de l’institution, mais seulement pour affirmer Dieu, et son immensité, et son “poids”d’existence et de rayonnement dans l’humanité. Je rêve d’une vraie fête de Dieu. Ce serait sans doute plus simple si les mots chrétiens étaient signifiants pour tous.”
-
Dans une Prière eucharistique, le prêtre demande à Dieu de veiller sur….le peuple des “rachetés”.Mesure-t-on combien ce mot est incompris de la quasi-totalité des pratiquants ? Il y a un certain fétichisme à dire des mots sans signification évidente !
Que les chrétiens soient capables de rendre raison de leur foi. Priorité doit être donnée à cette intelligence de la foi et non pas à l’attachement au seul rite ou au seul sentiment. Il est urgent et raisonnable pour l’avenir d’entreprendre une éducation du peuple chrétien. Notre Eglise reste à humaniser, à christianiser.
L’Eglise, comme chacun de nous, va de naissance en naissance, traversant des temps de stagnation et d’inertie ! Mais l’intelligence de ce qu’est le Christ Sauveur et Unificateur de l’humanité progressera. Une foi-confiance me l’assure, un regard de lucidité m’en convainc.
Je me pose cette question : Est-ce d’abord l’Eglise qu’il faut faire grandir, ou la Parole qui doit croître ?
Que chacun soit dans l’ajustement mobile à la vérité de lui-même. Là, le Dieu caché se tient, aimant.
Je rends grâce pour Jésus, pour sa Parole, sa Croix, son Pain….et donc aussi pour ceux qui m’ont fait connaître l’évangile, qui me révèlent Christ vivant aujourd’hui.
SDVM !
Annick
21/05/2008 à 16:04
A Phil
Dans ton intervention tu as écrit:
“Le concile Vatican II a abouti, ainsi que l’avaient bien vu les visionnaires dissidents de l’époque, à la destruction de la foi et à la décrépitude rapide de l’église conciliaire. Dans quelques années, des diocèses entiers seront pratiquement vides de toute pratique catholique, à l’exception des nids de tradition. Sur ces ruines subsisteront les mouvements protestantisants d’obédiences variées et les débris de l’église conciliaire”.
Je trouve que ton jugement est fort sévère à l’endroit du dernier Concile.
Est-ce que l’on pourrait penser que l’Esprit-Saint s’est abstenu d’intervenir auprès des Pères Conciliaires ?
Je crois bien que le Pape actuel essaie de faire comprendre aux fidèles ce qui n’aurait pas été “digéré” par des fidèles réfractaires à tout changement dans la “forme d’expression de la Foi Chrétienne” et pour se donner “bonne conscience” on se camoufle avec la Tradition que l’on interprète à sa façon.
Depuis deux mille ans, il y a eu plusieurs Conciles qui ont fait cheminer l’Eglise et on a “solidifié” la Foi initiale des Apôtres et des Pères de l’Eglise. J’imagine qu`à chaque fois il y a eu des mouvements dissidents qui avaient un peu peur d’avancer dans des “eaux profondes” de la Foi.
Bien sûr il y a toujours des risques dans le fait d’élaborer de nouvelles façons de faire et de penser. L’Eglise n’est pas un organisme “immuable” c’est une Organisation qui prône la Vie et elle doit un peu s’adapter Elle n’a pas à admettre des courants de pensée qui vont contre la Vie mais l’Eglise doit être toujours sur la brèche pour défendre vraiment le Message Authentique de l’Evangile et l’Eglise doit et a le Devoir de prendre des moyens “modernes de diffusion” pour réaliser sa Mission Divine.
Cette diffusion doit se manifester à travers l’Evangélisation, la Messe, les Sacrements, etc.
Comme Benoît XV1 vient de le déclarer ce n’est pas toujours la paix qu’il faut rechercher mais la “diffusion de la Vérité”. Il me semble qu’il ne faut pas “diluer” le Message Evangélique sous prétexte d’avoir la paix sociale et de se faire des “amis” temporels. En ayant une telle attitude on risque de finir par perdre et la Vérité et les “amis” que l’on prétendait se faire en diluant la Vérité.
A mon avis et je peux me tromper c’est que ne l’on ne fait pas assez confiance à la Force de l’Esprit Saint qui planne au-dessus de nous et d’une façon plus particulière au-dessus de l’Eglise et de ses véritables fidèles.
Phil, j’ose mettre mon grain de sel, dans cette”petite polémique” c’est plus fort que moi. Je te respecte beaucoup mais je ne peux me taire.
Le fait que les “gens” ne pratiquent pas beaucoup …..ce n’est pas à cause du dernier Concile….ceci est dû tout simplement à une “grand manque de générosité personnelle et collective” Ce phénomène apparaît également au niveau des autres “structures sociales”..telle…la vie sociale et publique. On ne veut plus respecter les “institutions” l ‘ “autorité” Les gens pensent qu’ils n’ont plus d’ordre à “recevoir de personne” .Dans le fond “on faire cavalier seul” et on se foutte éperduement “des autres”. On cultive l’indvidualisme à fond de train…. et on se demande après pourquoi les “mécanismes de la Société Civile et Religieuse” fonctionnent mal ???
Le fait que l’Eglise n’a pas repecté la Tradition est un prétexte pour nous disculper de notre “non-engagement” religieux.Ce n’est pas nécessairement ton cas. En général il est trop facile d’accuser l’Eglise Institutionnelle alors que l’on devrait chacun pour soi se poser la question suivante:” Qu’est-c que je fais, moi, dans la diffusion de l’Evangile ?”
Amicalement
Georges Henri
21/05/2008 à 16:10
Bonjour à tous !
Le temps est à la réflexion chez nous aussi ! Notre évêque Mgr d’Ornellas nous invite tous à “Changer de regard” …
Nos paroisses à réfléchir selon un questionnaire qui va dans le sens de celui que nous propose Bruno ! Je n’y ai pas encore répondu il demande temps et réflexion !
Le blog va me permettre de mettre les idées en ordre …
PHIL :
Bonjour à toi qui viens juste en passant….
Je cherche …. dans ton billet un regard aimant vers les autres nos frères, l’Eglise , le Corps du Christ ! Je cherche dans ton billet…une ouverture,
un accueil, une attitude qui pourrait me faire ressentir le CHRIST à travers ton message., ton regard…Car le le Christ est bien au centre de ta vie, de nos vies…Et mon regard tombe sur tes mots comme : trivial, banal, impie,destruction, décrépitude etc
A mes oreilles les phrases de Jésus résonnent fortement : “Aimez-vous les uns les autres…” “Soyez UN…”
Un coup de mauvaise humeur comme le suggère Annick ..?.!
Je cherche, je cherche le visage du Seigneur, je cherche son visage tout au fond de tes mots MAIS Où ???
Je nous confie particulièrement toi et moi à l’Esprit Saint pour qu’IL vienne nous guider, nous rapprocher.
AlLOUETTE comme à chaque fois j’apprécie ton point de vue et te rejoins en TOUT ! Nous sommes aussi unies par les chants (j’ai bcp apprécié aussi les chants offert à Miss 14)
ANNICK ta réflexion est toujours aussi pertinente et complète, des phrases oh combien IMPORTANTES : “Est-ce d’abord l’Eglise qu’il faut faire grandir, ou la Parole qui doit croître ?” Ton appel à une communauté fraternelle….”Il est urgent et raisonnable pour l’avenir d’entreprendre une éducation du peuple chrétien. Notre Eglise reste à humaniser, à christianiser” Mais bref Annick j’ai envie de remettre l’intégralité de ton texte entre ” ” car tout est important !!!!!
Bon que vais-je rajouter à vos positions ?
Je vais y réfléchir et je termine par un sourire pour PHIL, ALOUETTE,
ANNICK et vous tous lecteurs silencieux ou pas
Sourire d’Avril
21/05/2008 à 18:59
Bonsoir Mimi,
Et bien Mimi, qu’attendez-vous pour allez frapper à la porte de l’accueil d’une l’église ? Je suis certaine qu’un prêtre se fera une joie de vous accueillir, de partager le mystère de Dieu. Il vous fera connaître les activités offertes par sa paroisse.
Vous pourrez vous entretenir avec lui pour envisager comment orienter votre recherche pour entrer dans l’intelligence de la foi, à travers la Bible
Il existe, je pense, dans chaque paroisse des groupes de réflexions susceptibles d’éclairer votre recherche, approfondir vos connaissances, lire la Bible à plusieurs….
Une première approche peut être celle de prendre contact avec “les cours Alpha”, un moyen de rentrer en contact avec des bénévoles qui seront heureuses de faire un bout de chemin avec vous.
On ne cherche pas sans trouver ! C’est ainsi que j’ai avancé, cherché, trouvé.
La compagnie de Dieu est source d’épanouissement, explorez votre aspiration à faire cette expérience de bonheur. Dieu est à votre recherche…
Annick
22/05/2008 à 7:53
Bonjour Mimi,
Annick te donne un excellent fil conducteur…. A suivre…Et pour compléter dans les moments de voyage, chaque jour pourquoi pas, je recommande à tous la lecture de “L’Intelligence des Ecritures” par Marie Noëlle THABUT
Un approfondissement des textes lus chaque dimanche à la Messe.
Une lecture simple, claire, et très riche….MME THABUT est Bibliste, travaille notamment pour le journal chrétien “PANORAMA” la radio….les fiches dominicales qui servent à” bâtir” une Messe….
Il existe aussi “Parole de Dieu pour chaque Dimanche” par le Père Noël QUESSON formidable aussi pour approfondir l’Evangile.
Puis je termine par un CLIC en haut à droite de ce blog sur les sites recommandés par Père Bruno : Chrétiens à Paimpont , un p’tit CLIC dessus et il y a là les homélies du Père REBOUR formateur biblique dans notre diocèse, homélies remarquables de clarté, comme ses conférences d’ailleurs !
Voilà de quoi nourrir sa foi ! Bonne route et MIMI j’espère que nous aurons le plaisir d’avoir de vos nouvelles sur le blog !
Un sourire de Sourire d’Avril
22/05/2008 à 8:52
Annick, Sourire, Georges-Henri,
Merci d’avoir pris le temps de répondre. Il n’y a aucune mauvaise humeur dans mon message, c’est le fond de ma pensée. Je ne suis d’ailleurs pas amer, car le délabrement que je décris (et je ne suis bien évidemment ni le premier, ni le seul, à faire cette observation) va exactement dans le sens de ce qui fut décrit, en son temps, par ceux qui perçurent le danger mortel que les divagations post-conciliaires constituaient pour l’Église.
Je parle d’ailleurs de divagations post-conciliaires et n’ai pas la prétention de vouloir affirmer, Georges-Henri, savoir si oui ou non le souffle de l’Ésprit Saint souffla sur les pères conciliaires. Je n’en sais rien, et vous non plus d’ailleurs. Ce qui me semble évident en revanche (et pour s’en convaincre il suffit de lire un peu à ce sujet, en particulier les excellents ouvrages — pas seulement écrits par des “intégristes”, loin s’en faut) est qu’une entreprise de destruction systématique de la foi catholique fut conduite “au nom du concile”, “dans l’esprit du concile”, mais pas du tout en vertu de décisions qui auraient été approuvées par les pères.
Juste un exemple: le Novus Ordo de la messe ; la plupart des fidèles pensent que celui-ci fut décidé au concile. D’ailleurs, ce n’est pas de leur faute, c’est ce que leur raconte le clergé dans son écrasante majorité, ainsi que la presse dite “catholique” du style de Pélerin ou La Croix. Or, en réalité, c’est un mensonge. Vérifiez, vous verrez que je n’invente pas. Il s’agit en fait d’une commission, qui décida de son propre chef, sous la direction de Mgr. Annibale Bunigni, de détruire la messe avec l’objectif avoué — j’insiste sur ce dernier adjectif, car Mgr. Bunigni ne se contenta pas de le dire, mais il l’écrivit également — de changer la nature de la foi. Or, il se trouve que ce même Mgr. Bunigni se révéla être, peu d’années après… un franc-maçon ! Il quitta son poste dans la honte et termina sa vie de manière assez honteuse, il faut le dire, mais néanmoins le mal était fait. Si vous pensez que j’invente, allez donc vérifier, c’est assez facile à faire, en particulier si vous lisez l’italien ou l’anglais (il y a peu de documentation en français, hormis celle, excellente, mise à disposition par la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, mais vous trouverez probablement celle-ci peu digne de foi car “intégriste”). Donc, voilà un exemple particulièrement instructif. Qu’est-ce que le concile avait à voir directement dans cette affaire ? Pas grand-chose, hormis un état d’esprit, ainsi que des textes particulièrement ambigus qui permirent ce genre de choses.
Je parle de la sainte messe, car c’est le point central de la vie des catholiques. Lex orandi, lex credendi — et par conséquent, changer la messe, c’est changer la foi. Or, la messe a été changée de manière radicale, absolument inouïe, en 1970. Le Saint-Père lui-même a évoqué de manière très claire à quel point le sacrifice de la messe avait été transformé en “pique-nique amical” (sic). Ceux qui prétendent que le Novus Ordo était un changement dans la tradition (!) de l’évolution organique de la liturgie telle qu’elle se déroula depuis toujours sont des farceurs… car il ne s’agit en réalité d’une révolution complète, changeant la nature et le sens de la messe. De sacrifice tourné vers Dieu, ad orientem, celle-ci devint une célébration de la communauté retournée vers elle-même — et en ce sens bien accordée, il faut le dire, à l’évolution sentimentaliste et nombriliste du monde occidental en général.
Nous pourrions multiplier les exemples, mais ce n’est ni le lieu ni le bon format pour le faire. Je voudrais tout de même ajouter deux ou trois petites choses. Tout d’abord, ceux qui parlent d’”intégristes” ont-ils bien réfléchi à l’étymologie ainsi qu’au sens du mot ? Ont-ils bien compris qu’il s’agit, de facto et de jure, d’un compliment ? Ensuite, je me demande comment ils peuvent expliquer que l’église officielle, post-conciliaire, ne génère plus de vocations, que ses séminaires sont vides, ainsi d’ailleurs que ses églises, alors que les lieux de préservation de la tradition, malgré les persécutions continues (aussi bien de la part des épiscopats conciliaires que de la part des autorités civiles) fleurissent et donnent du fruit — et de plus en plus ? Comment expliquer que les troisièmes générations de catholiques post-conciliaires ne connaissent plus rien à la foi, et ne s’y intéressent d’ailleurs pratiquement (sans jeu de mots) plus, alors que seuls les “intégristes” s’intéressent encore à la transmission de celle-ci à leurs enfants ? Quant au latin qui plus personne ne comprendrait, à qui la faute ? Les plus grands parmi mes 6 enfants (et je précise qu’aucun n’a encore atteint 10 ans) savent tous assez de latin pour suivre le missel. Ceux qui utilisent cet argument ne semblent pas se rendre compte que celui-ci implique que la plupart de ceux qui vécurent dans la foi catholique d’avant 1969 étaient des abrutis incapables de comprendre le sens de la messe. Ils ne se rendent pas compte non plus que tous les musulmans du monde utilisent l’arabe littéraire, y compris les convertis français, et que ceci ne semble aucunement freiner l’expansion de l’islam. De même, je pense que les juifs seraient outrés si l’on venait leur suggérer de remplacer l’hébreu classique par les langues modernes pour la lecture de l’Ancien Testament.
Je me demande aussi — et ceci est un vrai mystère pour moi — comment, devant le paysage en ruines, certains peuvent encore nier le désastre que “l’esprit du concile” a causé ?
Je conclus, surtout en réponse à Sourire, en disant que s’aimer les uns les autres n’est pas incompatible, au contraire, avec l’amour pour le corps mystique de Notre Seigneur Jésus Christ. Ce n’est pas parce que l’on se dit à tout bout de champ que l’on s’aime les uns les autres et que l’on s’entre-congratule sur ordre du prêtre lors d’un “pique-nique amical” (les mots sont du Saint-Père lui même) que l’on s’aime *effectivement* les uns les autres. Une chose est certaine, les prélats conciliaires qui ont les mots-clés à la bouche à tout bout de champ ne font pas preuve, à ce que je sache, de la plus élémentaire charité à l’endroit de ceux qui obéissent davantage à Saint Pie V qu’à Annibale Bunigni.
Phil
PS: pour ceux qui lisent l’anglais, je me permets de vous recommander ce site:
http://www.wdtprs.com/blog/
22/05/2008 à 13:55
Et bien moi je voudrais simplement ici rendre grâce pour toutes les merveilles que l’Esprit-Saint accomplit, aujourd’hui encore, dans son Eglise, à travers le pape, nos évêques, et nos prêtres, et à travers tous les chrétiens qui oeuvrent pour le “Royaume”.
J’en ai été, et j’en suis encore, le témoin privilégié à plus d’un titre, et c’est pourquoi j’ai bien des raisons, non de me lamenter, mais de louer Dieu !!!
Merci Seigneur pour ma paroisse ! Pour ces deux prêtres exceptionnels, pleins de Foi, d’enthousiasme(50 et 31 ans!!!), de joie et de zèle,que tu nous as donnés! Quel cadeau merveilleux ! Les regarder vivre nous aide à tenir debout…
Merci pour tous ces baptêmes, qui, en quelques années, ont ici littéralement explosé (plus que doublé, triplé même je crois…).
Pour ces familles entières qui sont revenues vers Jésus et se rapprochent de l’Eglise,
Merci pour nos messes, riches de nombreux jeunes foyers, tous engagés dans les différents services de la paroisse, malgré la lourde charge familiale qu’ils assument!
Merci pour cette dernière ordination dans notre secteur paroissial, qui remonte à juin 2007 (ce n’est donc pas vieux et j’y étais ! ) et pour ce jeune prêtre qui est venu deux jours après à l’hôpital où mon époux se mourait, pour bénir notre couple le jour de nos 26 ans de mariage!
Merci Seigneur pour notre groupe scout, rempli de jeunes formidables de Foi et de dévouement, merci pour tout ce que mon mari et moi-même avons reçu d’eux pendant 7 ans d’encadrement dans la maîtrise. Jamais je n’oublierai les merveilles dont nous avons été témoins au sein de ce groupe!
Merci Seigneur pour ma propre famille, pour les deux vocations que tu y as suscitées (mon frère et mon cousin, tous deux la quarantaine!!) et pour tout le bien que tu accomplis à travers eux dans leurs diocèses respectifs.
Merci pour mes cinq enfants, tous attachés à la Foi chrétienne et qui, tous, ont jusqu’ici persévéré dans la pratique ( même à 15, 19 ou 21 ans) et j’en rends grâce! Et merci pour les prêtres qui ont été sur leur chemin pour les accompagner jusqu’à ce jour!
Merci pour les cours alpha, démarrés cette année sur notre paroisse, où nous avons vécu des choses très fortes et qui ont déjà commencé à porter leurs fruits….
Merci pour l’élan des JMJ, et toutes les merveilles de la nouvelle évangélisation, lancée par le pape Jean-Paul II et dont les fruits, là aussi, sont sous nos yeux (tiens, au fait, mon cousin prêtre, il s’est converti aux JMJ de Paris….il n’était pas du tout pratiquant avant!!!)
Merci….Merci….Seigneur, oui, Merci, car Tu es à l’oeuvre dans nos vies, dans nos familles, dans nos paroisses, dans nos mouvements….et nous en sommes chaque jour les témoins émerveillés!
ALLELUIA!
Alouette
P
22/05/2008 à 14:48
Ah! J’oubliais…..! Pourquoi je ne parle jamais d’elle?
J’ai aussi une soeur qui est religieuse….comment la décrire? C’est…un éclat de rire ! un rayon de soleil!….Une fleur merveilleuse que le Seigneur s’est choisie pour son Royaume! Merci, oh oui! Merci aussi pour elle, mon Dieu, elle m’est si précieuse, même si je la vois peu!…
Alleluia !
22/05/2008 à 15:05
bonjour
merci pour vos conseils,je vous donnerai de mes nouvelles
22/05/2008 à 15:16
une idée pour souder un groupe de jeunes, cela se fait dans une certaine paroisse utiliser des bâtiments du diocese pour les transformer en logements étudiants:ce sont les étudiants qui y travaillent le week-end et des retraités en semaine ,ensuite des étudiants y logeront moyennant un loyer et une .implication plus importante dans la paroisse .Tout le monde est gagnant
22/05/2008 à 16:17
A Phil au sujet de ta dernière intervention sur le Blog (22/05/2008 à 8:52 )
Je réfléchis à tout cela et je te reviendrai.
J’ai trouvé ta réponse très intéressante et structurée. Je demande à l’Esprit-Saint de guider mes pensées et mes propos à venir car je ne voudrais pas entretenir un débat qui deviendrait “stérile”.
Tu me dis que tu as 6 enfants entre 10 ans et ? et qu’ils ont tous assez de latin pour suivre le “missel”et probablement comprendre la messe célébrée en “latin” Je dois te dire que c’est tout un exploit. Je te crois puisque je n’ai aucune raison de douter de tes propos. Tout de même, tu as des enfants qui ont vraiment du talent dans les langues.( surtout une langue morte)
Quant à moi, j’ai eu la grâce d’avoir une fille et trois garçons dont les âges se situent entre 45 et 37 ans. Donc, complètement une autre génération.
Je sens que l’on va avoir du plaisir à “jaser” ensemble et tout ce que je souhaite c’est que cela se fasse dans la plus grande “objectivité” possible et le maximum de charité chrétienne.
Je dois te dire également que je me fie et que je crois encore à l’Enseignement officiel de l’Eglise Catholique qui est véhiculé par l’Eglise Institutionnelle dirigée par Notre Saint Père le Pape Benoît XV1 et cela jusqu`à preuve du contraire.
En toute amitié , Phil , je te salue et te remercie grandement de t’ entretenir avec nous sur ce Blog du Père Bruno l’Hirondel.
QDTB
Georges Henri
22/05/2008 à 18:16
Bonsoir à tous, bonsoir Phil,
L’intégrisme, en son sens strict et premier, le mot désignait un parti politique espagnol fondé vers 1890 sous l’invocation du Syllabus, mais que Pie X lui-même tiendra en lisière, le jugeant excessif. Sous Pie X, les “intégristes” se désignaient eux-mêmes comme “catholiques intégraux”. ; il serait plus juste de dire “intégralisme”. Malgré la parenté des mots, ce n’est pas seulement une nuance.
En Espagne, ce sont les intégristes eux-mêmes qui se sont choisi ce nom : hors de là, ce n’est qu’un sobriquet, tout comme son antonyme, le modernisme avec lequel on le met souvent en symétrie. Sans doute n’aura-t-il pas connu une telle fortune, sans l’affaire de la “Sapinière” !
De l’intégrisme d’aujourd’hui à celui de la Sapinière on ne décèle aucune continuité historique. En revanche, la parenté intellectuelle est certaine.
Le programme de restauration sociale chrétienne a fait place à la défense des valeurs religieuses menacées ! Deux types de catholicisme s’opposent : l’un est né de la Contre-réforme au XVI siècle, l’autre qui se propose d’une nouvelle réforme ; l’un qui se repli sur l’héritage, l’autre qui s’ouvre sur l’avenir ; l’un qui a perdu le pouvoir et dont l’influence va en se localisant, l’autre qui cherche, en marche !
En tant que courant de pensée, l’intégrisme produit une masse considérable de textes. Dans ses polémiques, le souci des “intégristes” est de montrer que leur pensée s’identifie à l’orthodoxie catholique et à l’authentique tradition, à l’encontre de toutes novations doctrinales jugées par eux “modernistes”ou “modernisantes”. Le souci de “vos adversaires”! (terme prononcé par l’un des vôtres ), au nom de la même orthodoxie est au contraire de tracer une via média entre les deux excès opposés.
Je ne peux parler de l’intégrisme sans m’interroger sur ses rapports avec le maurrassisme, sur l’affinité, entre catholicisme intégral et nationalisme intégral.
L’intégrisme qui se veut fidélité à un passé chrétien, apparaît comme une particularité du catholicisme, liée à un courant de pensée dont l’influence a beaucoup perdu de ses moyens et de ses racines.
En vous lisant je souriais “jaune”!!
- Lorsque je vois comment certains des vôtres considèrent les musulmans. Je suis bien placée pour le savoir mon mari est musulman, le mari d’une de mes filles un converti français musulman.
- Il vrai aussi qu’un musulman intégriste pensera qu’on lui fait un compliment en le nommant d’intégriste ! De la même famille ?
- Vos enfants connaissent le latin pour suivre le missel. Suivre, certainement. Vos enfants ne sont pas des sots. Mais penser la Parole, con-naître la Parole ??
- Vous avez raison, mon gendre apprend à lire (comme vos enfants lisent le latin, langue “morte” ) l’arabe littéraire pour prier. Je ne jugerai pas sa relation intime qu’il peut avoir avec Dieu, en arabe littéraire. Lire ne veut pas dire compréhension, n’est-ce pas ? (Problème de nombreux enfants dans l’apprentissage de la lecture, aujourd’hui )
- Je trouve désolant d’entendre des petits garçons de 6, 7 ans ânonner de versets du Coran en arabe littéraire, leur faire répéter pendant des heures des mots qui n’ont aucun sens pour eux. De voir des jeunes filles dés l’âge de 12,13 ans mettrent le voile pour suivre la tradition musulmane !
- Pouvez-vous me dire combien êtes –vous de personnes appartenant à votre mouvance, en France et combien d’Abbés ? Je pense que votre agressivité est inversement proportionnelle à ce nombre !
Je sais q’un homme de Dieu est un homme tranquille. On l’attaque ? Il éprouve une fraternelle compassion envers ses attaquants. Il sait qu’il existe une source de vie plus profonde que tout. La foi ne parle pas par la violence (verbale), mais par la douceur.
SDVM !
Annick
22/05/2008 à 18:38
Bonsoir Phil,
A mon tour de te remercier d’être revenu sur le blog ! Je ne peux te répondre maintenant (je viens de terminer une conversation téléphonique non prévue de deux heures….et ayant moi aussi une famille c’est l’heure de préparer le dîner…).Demain j’espère pouvoir revenir lire mais aussi avoir le temps d’échanger nos points de vue….
Bonne soirée à tous
Sourire d’Avril
22/05/2008 à 18:39
Georges Henri,
Je viens juste ajouter une petite réponse, car je dois retourner travailler (je ne vis pas dans le même fuseau horaire que vous, ainsi que vous l’avez probablement remarqué). Ce que j’écrivais dans mon message précédent était:
>
Il s’agit donc seulement des plus grands. C’est encore un peu tôt pour les autres… Il n’est besoin de nul talent particulier pour les langues, mais seulement d’un peu de travail régulier, comme pour toute discipline d’ailleurs. Par ailleurs, je pense que ne pas avoir la télévision facilite grandement les choses. Les enfants de nos jours passent de nombreuses heures entièrement stériles devant télévision et jeux vidéo (environ 30 heures par semaine, en moyenne pour un petit français). On ne peut pas tous faire: stériliser des heures précieuses devant la télévision, et apprendre le latin (ainsi que beaucoup d’autres choses) à la fois. Il faut choisir.
Le Novus Ordo a malheureusement fait oublier la clarté limpide du canon romain — une seule version, qui ne laisse aucune prise à la fantaisie du célébrant. Une chose est certaine, Georges Henri, d’après l’âge de vos enfants vous devez le connaitre, ce canon romain du missel de 1962, et avez du le prier plus d’une fois. Souvenez-vous,
“E igitur, clementissime Pater, per Iesum Christum Filium tuum, Dominum nostrum…”
En ce qui concerne l’Introït, la Collecte, l’Épître, le Graduel, les deux Évangiles, l’Offertoire et la Secrète, les missels sont bilingues, et il est facile de lire la messe du dimanche en famille, le samedi soir, et de la préparer avec les explications nécessaires.
Christus Regnat
Phil
22/05/2008 à 18:41
Il semble que la citation entre crochets n’a pas fonctionné. La voici donc à nouveau:
Les plus grands parmi mes 6 enfants (et je précise
qu’aucun n’a encore atteint 10 ans) savent tous assez
de latin pour suivre le missel.
Phil
22/05/2008 à 21:03
Une question me tarabuste :
Qu’est ce qui est le plus important : Qui nous prions ou comment nous prions ?
Laute
22/05/2008 à 21:31
Bonsoir Père Bruno,
Je me lance pour répondre à votre question, Selon vous, quel est le plus grand besoin de votre quartier ?
Le bien le plus précieux demeure la fraternité. C’est l’autre nom de l’amour. L’amour est un mystère, et tout bien réfléchi, je crains fort qu’il le demeure. En revanche, la manière dont nous le vivons et l’exprimons possède une histoire repérable.
Aujourd’hui, c’est la peur diffuse d’une société déstructurée incapable d’imaginer l’avenir de ses jeunes. Il nous faut être capable, dans notre quartier de montrer ce qu’est le bien commun. Dans la recherche de ce qui permet de vivre, de travailler ensemble. Tout cela se joue au quotidien. Il suffit de vouloir se bouger et de s’engager. Juste un peu de courage, une vraie confiance en soi comme en d’autres et une passion pour la vie, afin qu’ensemble nous puissions donner une direction aux choses de notre quartier, à celles de chacune de nos existences. Savoir prendre parti, être imaginatif. De quoi faire de l’avenir, profession de foi.
Ces indispensables moments de dialogues et d’échanges, nécessitent d’inventer un carrefour dynamique de partage et de transmission de valeurs qui nous unissent. Faire en sorte que les jeunes générations voient une espérance dans ce que nous avons à leur proposer.
-Une voisine, un jour me parle de sa passion- son amour sensible pour la peinture. Elle nous a apporté un magnifique ouvrage. Bouleversants commentaires avec toute sa sensibilité féminine. J’étais émerveillée de cette rage féconde pour la transmission de son savoir. Voilà une occasion qui aurait pu être de se retrouver entre voisins adultes et enfants, autour d’un buffet dînatoire !
.
-Les “bons” livres qui, à tout âge, aident à travailler sur une partie de notre histoire, de grandir en nous identifiant à des héros ou à des témoins, pourraient être aussi un motif de rencontre, entre voisins.
-Les jeunes nous montrent que, quand nous parvenons, sereinement à donner à des espaces une dignité qu’ils sont capables d’éprouver, alors les “plus” difficiles d’entre eux peuvent nous bluffer par leur sérieux et leur générosité. Demander l’aide des jeunes du quartier pour quelques bricoles d’entretien, d’aide à la personne ….. permettre de tisser des solidarités.
- Le quartier pourrait entrer en contact avec une famille dans un pays déshérité, et soutenir un projet …..
Nos quartiers doivent aujourd’hui offrir un lien d’humanité qui affirme l’estime, la confiance en l’existence de chacun et de tous, comme elle se présente.
Tout ce que j’écris là est peut-être utopique !
Je pense que nous avons aujourd’hui de nombreuses possibilités de rencontres, le vrai problème n’est pas le déficit d’énergie ou de communication, mais de profondeur et d’intériorité. Nous avons perdues ces dernières quelque part au cours du XX siècle.
Il est bon de se souvenir que la foi peut hausser les hommes au-dessus d’eux-mêmes et les jeter dans des engagements fondamentaux !
Merci Père Bruno, pour votre engagement auprès de notre jeunesse.
QDVB !
Annick
23/05/2008 à 3:55
Alouette,
Merci pour votre réponse. Je suis heureux de lire que la foi ne se perd pas chez vous, en particulier à propos de votre cousin, converti lors des J.M.J. et maintenant prêtre! Ceci illustre bien l’importance de la transmission et de l’évangélisation, conjoines, car lorsque la première a failli (ce qui était le cas pour votre cousin), seule la second peut faire surgir la Vraie Foi.
J’espère que dans une dizaine d’années, Dieu voulant, je pourrai avoir la même joie que la vôtre, en constatant que la foi de mes pères n’a pas été perdue par mes fils (je précise à l’attention des énervés du “gender identity”: père et fils sont utilisés ici de manière allégorique, au sens générique et sans référence au sexe masculin ou féminin du sujet…). Dieu soit loué, aussi, pour ce bon prêtre qui fut à vos côtés lors de l’agonie de votre mari. Intentions de prières pour tous deux.
In Domino,
Phil
23/05/2008 à 4:16
Alouette,
Pardon, je ne me suis pas relu avant d’envoyer mon commentaire: il faut lire “à l’intention” et non “à l’attention”.
Laute,
En réponse à votre question: lex orandi, lex credendi ; *comment* nous prions définit *ce en quoi* nous croyons.
La liturgie condense, en quelque sorte, notre foi. C’est pour cela que le Novus Ordo Missae a eu des conséquences tellement dévastatrices: la nature même de la foi a changé. C’était d’ailleurs très exactement le but recherché par ceux qui ont amené cette révolution ; ils n’ont d’ailleurs jamais caché leurs intentions — en particulier en ce qui concerne les “experts” protestants qui assistaient le franc-maçon Annibale Bunigni. Encore une fois, si vous pensez que je délire, vérifiez mes dires, les écrits et rapports d’époque surabondent.
Je ne vais pas me lancer dans une explication détaillée quant à la signification surnaturelle de la Sainte Messe. En revanche, je me permets de vous encourager à lire ce qu’a écrit à ce sujet le Saint-Père, qui est aussi probablement le plus grand spécialiste vivant des questions de liturgie.
Christus regnat,
Phil
23/05/2008 à 7:41
Bonjour Phil, bonjour à tous,
“Nous ne voyons pas les choses comme elles sont, nous les voyons comme nous sommes.”
Le Talmud
QDVB !
Annick
23/05/2008 à 8:01
Annick,
Ainsi que nous l’a récemment rappelé le Saint-Père, la recherche de la vérité doit l’emporter sur la recherche de la paix pour elle-même. En effet, une paix sans vérité ne peut être que factice, illusoire, et temporaire. Aussi, l’attaque ad hominem, par insinuation, que vous faites à mon endroit en guise de conclusion:
[Annick] ” Je sais q’un homme de Dieu est un homme tranquille. On l’attaque ? Il éprouve
[Annick] une fraternelle compassion envers ses attaquants. Il sait qu’il existe une source
[Annick] de vie plus profonde que tout. La foi ne parle pas par la violence (verbale), mais
[Annick] par la douceur.”
est-elle vide de portée, car la recherche de la vérité doit primer sur celle de la tranquillité. De plus, je ne parle pas avec violence, mais avec vigueur, ce qui est fort différent. Je parle avec vigueur car ce qui m’intéresse est la recherche de la vérité, pas la paix factice. La recherche de la vérité, qui ne peut être qu’unique (cf. le Stagyrite et le Docteur Angélique), est l’un des formes par lesquelles l’amour de Dieu se manifeste, car “qui autem facit veritatem venit ad lucem” (In 3:21). Je sais bien que le simple rappel qu’il existe une Vérité et que nous avons le devoir de la rechercher parait incompréhensible à nombre de nos contemporains, baignés dans le relativisme généralisé au nom duquel tout se vaudrait — et pourtant, c’est exactement à la recherche de celle-ci que Saint Jean nous exhorte. Je ne connais pas de recherche de vérité qui soit tranquille — c’est contradictoire dans les termes — et la tranquillité est le propre du pharisien. En outre, mon propos est certes vigoureux, mais néanmoins charitable — veritatem facientes in caritate (Eph 4:15).
Cependant, alors même que vous m’exhortez à la douceur, vous m’attaquez de manière bien peu charitable, qui plus est en utilisant des procédés parfaitement malhonnêtes. En particulier, vous pratiquez la reductio ad hitlerum, ou plus exactement (mais cela revient au même) la reductio ad maurrassium, procédé rhétorique complètement éculé et sans valeur argumentative. Puisque vous vous interrogez:
[Annick] “Je ne peux parler de l’intégrisme sans m’interroger sur ses rapports
[Annick] avec le maurrassisme”
et bien je vais vous répondre ce qu’en disait Maurras lui-même:
“Les Évangiles sont les produits des obscurantismes judéo-chrétiens.” (Maurras)
Je pense que c’est assez clair. Maurras devint athée, ou plus vraisemblablement agnostique, dès ses années d’adolescence — et le demeura, quoique, selon certains, la foi lui serait revenue au couchant de sa vie, mais en tout cas durant toute la partie productive de sa vie, il fut un athée ou un agnostique. Du point de vue doctrinal, il n’y a donc aucun doute à avoir, je ne vois pas que l’on puisse associer le catholicisme de tradition au maurrassisme, qui fut d’ailleurs condamné en 1926 par Pie XI. Si, à défaut d’une reductio ad hitlerum sur le fond (théologique), vous la faites sur la forme (sociale), c’est une question, qui n’a rien à voir avec ce dont nous parlons, mais avec le contexte politique d’avant-guerre, de montée du totalitarisme communiste en Europe, totalitarime alors perçu par beaucoup comme étant le mal absolu. Ceci n’était d’ailleurs pas faux; on a oublié en Europe de l’Ouest, ce qui consterne toujours mes amis slaves, l’horreur absolue que constitua l’expérience communiste. Enfin, je digresse et en ce qui me concerne, je n’ai jamais pu faire la différence entre le mal absolu communiste et le mal absolu national-socialiste (nazi), qui sont en réalité tous deux les rejetons ultimes — et logiques — des “Lumières”.
Plus loin, dans la même veine, vous vous interrogez
[Annick] “sur l’affinité, entre catholicisme intégral et nationalisme intégral”
en pratiquant la confusion par amalgame: ce n’est pas parce que l’on appose l’adjectif “intégral” à deux substantifs différents que, du coup, les deux expressions résultantes seraient sémantiquement proches. Par exemple, ce n’est pas parce que je me ferais poser un dentier intégral que je deviendrais un nationaliste intégral. Mais au-delà de ce petit tour rhétorique, je ne crois pas faire défaut à mon devoir de charité en attirant votre attention sur le fait que, dans ses termes
mêmes, votre proposition est ipso facto absurde : en effet, le substantif catholique, signifiant “universel”, est l’antithèse du nationalisme, par définition. L’apposition de l’adjectif “intégral”, renforçant le sens des substantifs, rend l’absurdité de la proposition encore plus visible. Les modernistes ne se rendent pas comptent du mal qu’ils se font en ne lisant plus les scholastiques ; s’ils les lisaient encore, ils formuleraient certainement moins de propositions contradictoires.
Par ailleurs, je ne peux pas laisser passer sans commenter le poncif si souvent utilisé par les zélateurs des splendides réalisations de l’ère post-Vatican II — A fructibus eorum cognoscetis eos (Mt 7,16) — pour essayer de limiter la portée de la critique traditionnaliste:
[Annick] Deux types de catholicisme s’opposent : l’un est né de la Contre-réforme au XVI siècle
comme si la Tradition était sortie armée et casquée de la cuisse de Saint Pie V. Comment peut-on écrire sans sourire — enfin, je n’en sais rien, vous souriez peut-être à cet instant — de telles énormités, alors que, prenant encore une fois pour exemple celui de la liturgie, car il est particulièrement visible, le Canon Romain remonte, inchangé, au moins à Saint Grégoire I (590-604), donc environ mille ans plus tôt que ce qu’affirme Annick. Et encore, j’insiste sur le “au moins”, car en réalité, ce saint pape ne fit que codifier un canon déjà existant. Alors, comme on dit chez les Anglo-Saxons, “please give me a break”. La Tradition, c’est… l’Église, corps mystique de Notre Seigneur Jésus Christ, depuis Saint Pierre jusqu’à nous — Tu es Petrus, et super hanc petram aedificabo Ecclesiam meam (Mt 16:18).
Quant à la seconde proposition de l’alternative:
[Annick] l’autre qui se propose d’une nouvelle réforme ;
j’avoue avoir bien du mal à discerner ce que “nouvelle réforme” signifie. Nouvelle, par rapport à quoi ? Laquelle était la précédente ? L’hérésie luthérienne ? Est-ce ce qu’il faut comprendre, derrière le flou sémantique ? Et bien, si ce que vous appelez de vos voeux est la poursuite voire l’approfondissement des erreurs protestantes, grand bien vous en fasse, mais je suis ceci n’a alors plus rien à voir avec le catholicisme. En tout cas, ceci devrait vous amener à ne plus vous interroger sur les raisons pour lesquelles les églises sont vides au beau pays de France, puisque vous c’est exactement ce à quoi cette “réforme” conduit, de manière parfaitement logique — et qui fut prévue par les dissidents de Vatican II.
J’aimerais continuer à répondre, sur le fond, mais il se fait tard ici. Je termine donc en commentant brièvement deux points. Tout d’abord, quelle condescendance de votre part, ici:
[Annick] - Je trouve désolant d’entendre des petits garçons de 6, 7 ans ânonner
[Annick] de versets du Coran en arabe littéraire, leur faire répéter pendant des
[Annick] heures des mots qui n’ont aucun sens pour eux.
Je suppose que, selon vous, il vaudrait mieux qu’ils s’abrutissent devant la télévision, ou ne se saoûlent de violence
avec des jeux vidéo ?
Et puis, ici:
[Annick] - Pouvez-vous me dire combien êtes –vous de personnes appartenant à
[Annick] votre mouvance, en France et combien d’Abbés ?
outre le fait que je ne vis pas en France et suis donc mal placé pour faire des statistiques et que, par ailleurs, je ne vois pas à quelle “mouvance” vous faite allusion, je ne peux tout de m’empêcher de rapprocher votre question de celle de Staline, et de sourire:
“Le pape, combien de divisions ?”
In Domino,
Phil
23/05/2008 à 14:54
Phil,
Gandhi disait :”Si l’on pratique œil pour oeil, dent pour dent, le monde entier sera bientôt aveugle et édenté !”
Je pense simplement que tant que Dieu n’a pas pris possession de toi, tu ne peux avoir la foi, mais simplement une croyance ; et je sais que chacun peut arriver à la foi par la non-croyance.
L’histoire de sainteté ne se déroule pas à l’écart de l’histoire humaine. Il ne faut pas que le rite l’emporte sur la foi à partager.
La signification de l’institution, ecclésiale : inscrire les chrétiens dans une tradition, non pas pour les river au sol d’une vérité immuable, mais pour nous entraîner dans le mouvement vital d’une transmission.
Je terminerai par ceci :” Si ce que tu dis n’est pas plus beau que le silence, tais-toi.”
QDVB !
Annick
23/05/2008 à 15:01
Je précise : tant que Dieu n’a pas pris possession de toi , ce “toi” est à prendre au sens de l’ Etre.
23/05/2008 à 16:45
Père Bruno, je continue comme un” bon-homme” mon chemin !
Etes-vous allé récemment à des célébrations religieuses ? Si oui, qu’avez-vous apprécié ? Qu’avez-vous regretté ?
Ma spiritualité a besoin du secours de la religion et de la foi, de l’institution pour ne pas sombrer dans l’insignifiance ou l’aberration, perdre toute pertinence sociale.
Pour moi, l’Eglise est le lieu de patience entre ce qui la précède et ce qu’elle espère activement, où chacun se découvre en transit entre le passé et l’avenir. Un lieu infiniment dilaté par l’évènement qui l’a suscité et l’ouvre sur l’histoire des hommes : un lieu pour donner lieu à Dieu, un lieu où l’achèvement de l’humanité, la fraternité, peut devenir visible sous la forme d’une communauté “christique”(je ne sais comment l’exprimer), moins le lieu de recueillement d’un héritage que l’espace qui s’ouvre à l’aventure des aventuriers.
Nous cherchons des signes de l’existence et de l’action de Dieu dans le comportement d’hommes et de femmes croyants.
- J’attends une qualité d’intelligence de foi du prêtre. Donnez-nous à méditer des textes qui nous rendent heureux d’être une famille habitée par l’Esprit, qui nourrissent notre foi et notre courage. Est-ce trop vous demander ? Pas facile d’être prêtre !
- L’Eucharistie ne peut être la nourriture d’hier, mais de demain. L’Eucharistie ne nous met pas dans un climat d’active espérance : elle nous tourne si peu vers l’avenir. Un “envoi” par le célébrant ne peut suffire : trop rapide, trop banal….A la fin de la messe, l’action de grâces, dans la contemplation du Christ, pourrait nous mettre en joie pour la journée du dimanche !
Nous devons refuser le poids de la routine, devenir exigeants dans le partage de la Parole de Dieu.
On pourra toujours ironiser sur l’esprit de clocher, les mesquineries de sacristie ou la misère des liturgies, il n’en demeure pas moins qu’en nous donnant des frères que nous ne choisissons pas, l’Eglise éveille en chacun de nous le “frère universel”.
L’Eglise est ce peuple messianique qui constitue pour l’ensemble du genre humain, le germe le plus fort d’unité, d’espérance et de salut.
J’ai une dette infinie à l’égard de l’Eglise qui m’a “enfantée” et qui continue de nous relier à un originaire inaccessible en nous rendant contemporain du Ressuscité ; je dois et je veux l’honorer en “permettant” à d’autres et aux générations nouvelles de faire l’expérience qu’elle m’ a permise.
Annick
23/05/2008 à 17:00
Phil, je me permets quelques questions : d’abord de curiosité pure : dans cet ailleurs où vous résidez, avez-vous la possibilité d’assister à des célébrations selon le rite qui vous va ? N’est-ce pas trop compliqué ? J’ai lu un jour que certaines personnes pour pouvoir pratiquer leur culte devaient parcourir une centaine de kilomètres, qu’en est-il pour vous ?
Au risque d’écrire une aberration existe-t-il une différence entre traditionalistes et intégristes ? A part le latin, qu’est-ce qui fait que vous préférez votre pratique ?
Bien amicalement
Laute
23/05/2008 à 20:18
suite sondage !
S’il y a actuellement une crise de la transmission, n’est-ce pas d’abord parce qu’il n’y a plus de “vivre ensemble” ?
L’Eglise ne peut qu’être “synodale” c’est-à-dire faire route avec les hommes et, comme son Seigneur, se faire “l’ami(e) des publicains et des pêcheurs. Une amitié ouverte et offerte à tout homme et non pas celle qui se constitue en cercle fermé.
Que pouvons-nous faire ?” demandaient à Pierre les premiers disciples de Jérusalem.
“Allez-vous en sur les places et les parvis !
Allez-vous en sur les places y chercher mes amis,
Tous mes enfants de lumière, qui vivent dans la nuit.”
Je souhaiterais voir des jeunes chrétiens aller à la rencontre des personnes qui vivent dans la nuit : la nuit intérieure ou dans un” lieu de nuit”. Ces personnes visitées, garderont en leur esprit …peut-être le visage du divin ! Tout commence parfois par un regard d’amour.
Tout comme, lorsque Jésus accueille un jeune homme qui l’interroge sur son avenir et son bonheur, il lui parle d’abord mais la parole n’y suffit pas. Avant de poursuivre pour lui révéler “la seule chose” qui lui manque au plus profond, “il le regarda et il l’aima” (Mc 10,20). Même si la parole forte qui a suivi a laissé le jeune homme riche dans une bien triste indécision, peut-être que le regard du Christ l’a-t-il accompagné jusqu’au bout de la recherche ?
La vocation de l’Eglise se définit par sa capacité d’ouverture fraternelle et de solidarité active à l’égard de tout homme, de n’importe quel homme, tel celui de la parabole jeté dans le fossé à demi-mort pour lui ouvrir le chemin du salut.
L’Eglise a un nouveau rôle social a endosser-
Ceux qui connaissent l’Eglise de l’intérieur, peuvent attester que les communautés chrétiennes recèlent des trésors d’amitié où viennent puiser des hommes et des femmes qui se croyaient en perdition.
L’Eglise est une amitié, une communauté d’amis envoyés de par le monde. Ainsi l’a voulu Jésus.
FIN
Annick
.
24/05/2008 à 7:17
Annick,
Citation de Ghandi — tout à fait d’accord. D’ailleurs, Ghandi n’a rien inventé en la matière, la lex talionis est clairement rejetée par Notre Seigneur Jésus Christ. Par exemple, in Mt 5:44, “Diligite inimicos vestros et orate pro persequentibus vos”.
Ceci étant, je ne pouvais laisser passer les attaques ad hominem qui sont utilisées systématiquement contre les défenseurs de la Tradition. Je suis heureux que nous passions à autre chose.
Je suis également entièrement, intégralement pourrais-je même dire en forme de clin d’oeil, d’accord avec vous lorsque vous écrivez ceci:
” Si ce que tu dis n’est pas plus beau que le silence, tais-toi.”
car c’est exactement ce que m’inspire le Novus Ordo Missae. D’ailleurs, j’ai eu le bonheur d’entendre des jeunes, en particulier, me dire qu’ils se sont convertis au catholicisme ou y sont revenus (ils y appartenaient mais seulement de nom, sans jamais aller à la messe, sans tradition familiale, catéchèse inexistante ou presque, etc.) grâce à la messe de tous les saints, celle du Canon Romain, de Saint Pie V et de Saint Grégoire I en particulier.
Je voudrais ajouter toutefois, car il faut bien garder quelques points contention pour avancer, que si je suis d’accord avec vous sur le fait que les chrétiens doit former EN PARTICULIER une communauté d’amis, en revanche ce n’est certainement pas ce qu’est l’Église, SEULEMENT, ni même PRINCIPALEMENT. L’Église EST le Corps Mystique de Notre Seigneur Jésus Christ, la Tradition aussi bien que les Nouveau Testament sont très clairs à ce sujet. Voir, par exemple, 1 Cor 1 12:12-31:
“Sicut enim corpus unum est et membra habet multa, omnia autem membra corporis, cum sint multa, unum corpus sunt, ita et Christus […]”
mais aussi Col 1:18, 2:18-20, Eph. 1:22-23, etc.
In Domino,
Phil
24/05/2008 à 7:42
Laute,
Je suis bien en peine pour répondre à votre question, quant aux subtiles nuances entre traditionalistes et intégristes. Car ce sont des termes aux contours fluctuants, mal définis — et en fait généralement utilisés par des gens qui ne veulent pas de bien à la Tradition catholique. Souvent utilisés en particulier, ainsi que vous avez probablement pu l’observer, par des journalistes athées qui détestent tout spécialement les défenseurs de la Tradition, car celle constitue un adversaire autrement plus redoutable que les modernes redéfinitions du christianisme. En France semble-t-il, en tout cas pour les gens qui font les sites web des diocèses, il me semble que la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X est qualifiée d’intégriste, alors que la Fraternité Saint Pierre, ou l’Institut du Bon Pasteur sont qualifiés de tradi. Mais ceci ne veut pas dire grand-chose. À ce propos, on entend ou lit souvent que les fidèles qui assistent à la messe dans les chapelles de la Fraternité Saint Pie X seraient excommuniés. Rien n’est plus faut que cela. Si cette question (compliquée) vous intéresse, je peux vous indiquer des sources documentaires (vaticanes) qui sont limpides à ce sujet.
Quant à l’autre partie de votre question, oui, c’est exact, beaucoup de gens font beaucoup de kilomètres, et consacrent temps, argent, et sécurité (la route est dangereuse) pour participer à la Sainte Messe. Malheureusement, et bien qu’ils en aient toute possibilité depuis que Jean-Paul II la leur a donnée en 1984, tous les évêques ne font pas preuve de la charité qu’ils ont par ailleurs à la bouche en toute occasion — mais pas pour ceux qui aiment entièrement l’Église, depuis Saint-Pierre, et pas seulement depuis les fantaisies des “sixties”. Ceci étant, la France n’est pas mal lotie. Ce site:
http://honneurs.free.fr/Wikini/wakka.php?wiki=ParRegion
est bien à jour en général, et devrait vous permettre de trouver une messe selon le missel de 1962 pas trop loin de chez vous.
In Domino,
Phil
24/05/2008 à 10:26
Bonjour à tous,
Comme Laute j’aimerais poser une question à PHIL s’il ne la trouve pas indiscrète, il pourra y répondre….
Comment vivez-vous votre engagement Chrétien dans l’ordinaire de nos vies, dans votre paroisse (celle de votre lieu de résidence, ou bien vous raccordez-vous à une paroisse plus éloignée mais plus proche de votre tradition ? Bref comment avec votre sensibilité portez-vous la Bonne Nouvelle autour de vous ? dans votre communauté ?
Que Dieu nous bénisse tous !
Un sourire de Sourire d’Avril
24/05/2008 à 12:06
Bonjour,
Voici mes réponses :
- 1 - Selon vous, quel est le plus grand besoin de votre quartier ?
Les gens ont besoin de se parler, d’un lien social.
Il serait bienvenu d’organiser des discussions “décontractées” pour amorcer des discussions et que les gens (re)apprennent à vivre ensemble.
En fait les gens ignorent les bénéfices d’une fraternité à l’ère du tout consommation.
Donc l’apprentissage de la fraternité passe par des actions concrètes de discussion.
- 2 - Pourquoi pensez-vous qu’un grand nombre de gens ne “pratiquent” pas ?
Les gens sont tournés vers le tout efficace. Je fais ça car j’escompte tel résultat concret.
La dimension spirituelle est complétement absente dans la vie quotidienne.
Pourtant intérieurement, les gens aspirent à une intériorité : d’où le succés de la psychologie, de la philosophie et autres penseurs.
Le besoin d’intériorité est latent. Aux Eglises de trouver les solutions pour que le message chrétien leur parvienne.
Cela me rappelle l’anecdote que quelqu’un qui se dit athé mais qui dans un moment de grande détresse existentielle est allé à l’Eglise “juste” pour écouter.
(”juste” c’est son terme pour dire qu’il n’est pas allé en tant que croyant). Ceci pour moi est très révélateur de ce que les gens ont besoin intimement d’une voix qui puisse les guider. Et ce en particulier dans les moments de grande turbulence existencielle !
- 3 - Si vous étiez à la recherche d’une communauté religieuse, qu’aimeriez-vous y trouver ? Quels types de propositions vous intéresseraient ?
J’aimerais trouver des activités qui favorisent les discussions et les rencontres autour de la vie. Par forcément axé sur Dieu. Car de toutes façons Dieu travaille à sa façon. C’est une manière de vivre avec les autres de manière “naturelle”, c’est à dire sans forcer sur le côté spirituel.
- 4 - Etes-vous allé récemment à des célébrations religieuses ? Si oui, qu’avez-vous apprécié ? Qu’avez-vous regretté ?
Je vais aussi souvent que je peux au culte protestant. Je participe à quelques activités de ma paroisse, j’avoue que je suis toujours émue d’y reconnaître mes frères et soeurs en Dieu.
En espérant que cela puisse vous aider !
Merci encore pour ce blog
25/05/2008 à 10:55
Bonjour Père Bruno,
Toujours avec vos jeunes en retraite pour leur Profession de Foi…Je pense fort à vous tous.
Pour votre sondage une réflexion qui m’a été faite il y a deux jours, et qui n’est malheureusement pas exceptionnelle….
Bien évidemment elle n’illustre peut-être pas la vie de toutes les paroisses :
X…..: ” Pourquoi n’arrive-t-on pas à aller se confier au prêtre, en premier…
“il semble si loin de nous (parfois même cet éloignement m’a heurté) comment as-tu fait pour supporter cela et ne jamais désespérer ?Finalement les laïcs apportent plus….et aident plus !”
Ma réponse : “Oui au début j’ai été interpellée par cela aussi, j’en ai souffert, voir pleuré, puis je me suis aperçue que cette attitude m’a au
contraire permis de compter sur la seule personne qui compte le Christ !
Sans l’effacement du prêtre j’aurais compté sur le prêtre / homme, il m’a permis par son effacement de me raccrocher au Christ et d’avancer jour après jour avec le Christ à mes côtés, et ça c’est d’une valeur inestimable
et c’est au prêtre que je le dois !”
Cette personne est repartie avec des points d’interrogations dans les yeux….Elle aurait tant à dire sur les difficultés de sa vie d’aujourd’hui…et besoin du regard, de l’encouragement du prêtre, pour elle le regard de Dieu…
“Changer de regard” nous invite notre évêque….
Comment leur faciliter ce parcours qui peut être “du combattant” ???
pour que le plus grand nombre arrive au bout ???
Sourire d’Avril
25/05/2008 à 12:01
Père Bruno,
Me revoilà pour répondre plus directement à votre sondage.
1) Selon vous, quel est le plus grand besoin de votre quartier ?
Je vis dans un quartier majoritairement de retraités. Donc des paroissiens assidus pour la plupart. L’ambiance est assez conviviale l’Eglise nous ayant rapprochés. Un peu plus de personnes de notre génération nous aurait fait plaisir (et encore plus aux enfants) mais là vous n’y pouvez rien….Je suis d’accord avec les autres intervenants en général ce qui manque c’est la convivialité (quoique chez nous dans les quartiers neufs il y a de plus en plus de fêtes de rue, de galettes des rois de rue ou quartier etc….
2) Pourquoi pensez-vous qu’un grand nombre de gens ne “pratiquent” pas ?
D’abord manque de temps (les deux parents travaillent, les week-end, souvent ils sont amenés à faire le taxi pour les diverses activités, puis il y a la famille à visiter, les courses, le ménage….le jardinage…Bref on ne chôme pas le week-end !
De plus ils sont totalement désemparés lors des quelques célébrations auxquelles ils participent. Ils ne savent plus s’y raccorder, s’y retrouver, et surtout y trouver UN SENS !J’admire leur bonne volonté !Le temps doit être long à passer….D’ailleurs vous comme moi, nous entendons cela maintes fois de la part des jeunes !!!La liturgie en elle-même leur parait incompréhensible (alors en latin Phil….????) et l’homélie….nous n’habitons pas à Paimpont ni chez vous….Ils sont pourtant en attente ….au Caté lors des temps de prières où les parents peuvent participer (retraite, réunions…) chaque fois ils viennent témoigner combien ce temps a été précieux pour eux.Ils regrettent aussi le temps où il y avait par exemple la Messe de la Retraite que pour les parents et les jeunes ! Cela n’est plus possible chez nous. Se raccorder à la communauté semble les déranger !
Le regard des autres ? “Changer de regard” nous invite notre évêque !
A quoi ça sert la Messe ? C’est tout un parcours…une découverte…une rencontre…Pour beaucoup un parcours à reprendre au point de départ.
Source et sommet de notre Foi OUI mais qui dit source appelle à creuser….sommet à grimper…”.ils sont en tongs” à ce jour donc pas évident pour eux !!!! Evangélisation, catéchèse une priorité !
3) Si vous étiez à la recherche d’une communauté religieuse, qu’aimeriez-vous y trouver ? Quels types de propositions vous intéresseraient ?
Ma paroisse est la communauté à laquelle je me raccorde. Et je pense que notre première communauté EST notre paroisse, dans notre quartier, quelque soit l’état de notre paroisse. Dieu nous envoie d’abord sur notre lieu de vie. A nous d’y découvrir les trésors et d’y apporter notre contribution.Perso J’aime bien ma paroisse. …
Si j’écoute notre évêque “Changer de regard”….Alors je le vois déjà comme : accueillir le passant, le nouveau, celui qui ne viendra qu’une fois ou occasionnellement comme l’invité de marque, lui réservant le meilleur accueil et un regard plein d’affection !
4) Etes-vous allé récemment à des célébrations religieuses ? Si oui qu’avez-vous apprécié ? Regretté ?
J’y vais au moins trois fois par semaine. Je trouve que c’est à moi à m’adapter, à entrer dans la célébration et ce malgrè les “couacs” éventuels
Les couacs nous permettent de changer notre regard, d’offrir un regard indulgent, d’offrir notre bonne volonté …La beauté de la liturgie quelle qu’elle soit ne se substituera jamais à mon propre désir personnel de vivre cette Messe. Je déplore cependant l’opacité des homélies !
Quel dommage…vous connaissez mon intérêt pour les Ecritures !
Cependant prendre soin avec amour de la liturgie et de son déroulement et dans toutes ses “facettes” est pour moi indispensable (participant une fois par mois au moins à une équipe liturgique différente,quand je ne “pilote” pas aussi une équipe, je peux témoigner que chez nous chacun essaie de faire de son mieux….
Sourire d’Avril
28/05/2008 à 14:47
bonjour mon père je viens de tomber par hasard sur ce blog c’est sympa…
je me presente:
j’ai 26 ans et prepare en 2 ans ma confirmation, j’ai été rappelé par la foi depuis l’année derniéré aps la mort de mes
gds parents.j’avais arrété le kt a 10 ans mais tjs senti la psce de Dieu et jamais arrété de prier.
pour répondre à votre questionnaire
1/le plus gd besoin ds mon quartier comme partout c’est le dialogue et les rencontres.
2/les pers qui ne pratique pas (messe, sacrements ) peuvent d’aps mon experience ressentir autant de compassion et
posseder les memes valeurs.je pense que les pratiquants ne doivent pas prendre de haut les non pratiquants “qui s’eleve sera abaisse et qui s’abaisse sera eleve”.
3/une communaute religieuse serait pour moi un lieu de fraternité ou Dieu est la personne principale à rencontrer.
je suis aller récemment à la communauté de taizé j’ai bcp apprécié les moments d’adoration ou l’on s’abandonne à
Dieu et on se confie à lui.on ressent alors un élan d’Amour .L aprière personnelle serait pour moi un besoin majeur.
je choissirai une communauté en pleine campagne et ou le travail serait aussi important car j’ai autant besoin de
travail manuel que de contemplation.
4/je vais à la messe ts les dimanches les atouts sont les chants qui permettent de louer Dieu ensemble, les lectures
faites par des personnes dont la foi transparait ds la voix.
les points faibles c’est l’aps messe plus personne ne connait personne alors que durant la celebration on a prié le
pere en se tenant la main.
voila mon avis parmi tant d’autres.
QDVB
Laurence (isère)
29/05/2008 à 6:14
Bonjour Laurence,
Bienvenue sur le blog !
Dans ton témoignage tu cites la communauté de TAIZE….Ma fille de 16 ans y est allée aussi en préparant sa confirmation, et cela a été un moment très fort pour elle. Elle a hâte d’y retourner….Moi d’y aller (je n’y suis jamais allée, mais de l’avoir entendue m’en parler avec autant d’émotion, de coeur…
Tous les témoignages sont unanimes, en particulier chez les jeunes.
Cependant je me pose la question pourquoi là-bas et moins dans nos assemblées ?
Je pense qu’il y a qq chose à faire dans nos paroisses pour offrir de beaux temps de prières et d’adoration, en catéchèse aussi !
Pour GEORGES HENRI
En ce moment je suis très prise par la préparation de la profession de foi des jeunes et ma famille = mon petit silence….et ce matin je me suis levée plutôt pour gagner du temps et entre autres venir sur le blog !!!
Les fins d’années scolaires et de KT sont speed ! Du moins pour moi !
Bonne et heureuse journée à tous
QDVB
Sourire d’Avril