Samedi-Saint
Nous nous plaignons des croix que nous avons à porter,
mais nous ne réalisons pas toujours qu’elles nous préparent pour les travers
de la route que Dieu voit et que nous ne voyons pas!
Quelle que soit votre croix, quelle que soit votre souffrance,
il y aura toujours du soleil après la pluie…
Il se peut que vous trébuchiez, que vous tombiez même;
mais Dieu est toujours là pour entendre votre appel…
Il connaît tous vos chagrins, voit chacune de vos larmes,
et un seul mot de ses lèvres
peut apaiser vos peurs…
Vos peines peuvent s’attarder dans votre nuit,
mais soudainement se volatiliser au petit matin…
Le Sauveur est là, quelque part au-dessus,
pour vous combler de sa Grâce, et vous imprégner de son Amour…
Dieu nous promet une arrivée paisible,
mais pas un parcours tranquille.
de la part de Sourire d’Avril
22/03/2008



22/03/2008 à 10:16
Le Samedi saint, un jour marqué par le silence, un “temps mort”. Un jour vide ?
Ce deuxième jour du triduum pascal comme un jour de silence, d’attente, de non-dit. Où est Dieu ? Voilà la sourde question du Samedi saint. Insupportable douleur…
En réalité, Dieu n’a pas abandonné Jésus. Il l’a déjà ressuscité dans son Saint-Esprit, et Jésus vivant est aux enfers pour annoncer là aussi la libération. Sur ce grand mystère, l’Eglise, comme aphone, se tait.
La descente aux enfers devient l’extension du salut au cosmos entier, le salut de tout l’être humain .De la descente au “séjour des morts” jusqu’à la glorification dans les cieux…..voilà le jour le plus long de la vie du Christ. Il dure encore.
Le Samedi saint : son silence n’est pas mutisme, mais temps chargé d’énergies et de vie.
Il n’y a pas d’aurore de Pâques sans Samedi saint.
Annick
22/03/2008 à 10:16
Bonjour et bonne journée !
Ces dessins sont très représentatifs pour chacun de nous.
Il n’y a pas forcément de petites ou de grandes douleurs, …. Il y a la douleur !
Celle qui est pour moi la plus représentative, et celle où l’on doit “s’aider” de notre croix pour traverser le ravin….. Pour pouvoir continuer son chemin.
A bien y réfléchir ce n’est vraiment pas dénué de sens !?!?
en fin de compte,.. Cette croix n’est-elle pas nécessaire ???
~ Miss14 ~
En corrélation avec les images de Sourire d’Avril :
Le Samedi saint est un jour de silence et de calme. Selon la tradition de l’Église, le Christ descend aux enfers, c’est-à-dire aux lieux souterrains où reposent tous ceux qui sont morts avant lui ; il les visite et fait déjà briller pour eux la lumière de sa résurrection.
Envisager cette activité cachée du Christ n’est pas une invention chrétienne, jolie mais sans fondement réel. Depuis toujours la Bible suggère ces moments d’apparente vacuité dans la vie d’hommes ou de femmes de Dieu qui sont en fait des temps d’intense activité. Cette activité se fait au dedans de la chair dans laquelle Dieu fait son chemin et s’installe pour la renouveler.
Il faudrait relire toute l’histoire de Rachel l’épouse bien aimée de Jacob dans la Genèse. D’abord on n’entend d’elle aucune parole. On apprend qu’elle est stérile tandis que sa soeur Léa met au monde des enfants. Un jour, elle dit son tourment à Jacob : « Donne-moi des fils sinon je meurs ». Jacob lui répond en la renvoyant à Dieu. Et rien n’est plus comme avant ; ce n’est pas que la stérilité est guérie ni que Rachel trouve tout de suite les bonnes solutions, mais elle n’est plus une femme silencieuse. Elle parle, elle agit, elle milite. Et puis « Dieu se souvint de Rachel, Dieu l’exauça et ouvrit son sein. Elle conçut et enfanta un fils. Elle dit : ”Dieu a enlevé ma honte” ; et elle l’appela du nom de Joseph, en disant : ”Que le Seigneur m’ajoute (yoseph en hébreu) un autre fils” ».
Quand Jésus est en croix, il y a des femmes à ses pieds et parmi elles Marie, sa mère. Il lui dit : « Femme, voici ton fils » et au disciple bien aimé qui se trouve là il dit « Voici ta mère ». Un fils en amène un autre. Aux yeux du monde Marie perd son fils unique. Dans la lumière de Dieu, elle en acquiert deux en ce jour : Jésus qui passe au Père et le disciple qu’elle va conduire sur le chemin des fils du Père. Le regard « officiel » sur Marie à la croix voit une femme éplorée et abandonnée, le regard qui suit le chemin souterrain de Dieu dans la chair voit une femme à qui le Seigneur « ajoute un autre fils ».
Ainsi naît le peuple de Dieu : le Fils amène un à un des fils nouveaux à la vie du Père ; des femmes, avec Marie et comme elle, reconnaissent et déploient ces vies ignorées aux regards humains et qui sont pourtant en train de prendre leur essor.
~ Priére ~
Dieu notre Père, tu donnes la vie et tu la donnes encore alors que tout semble perdu. Enseigne-nous à voir tes chemins de vie qui visitent les profondeurs de notre humanité pour en faire surgir la vie en abondance là où elle semblait improbable. Nous te le demandons, Dieu notre Père, par Jésus-Christ, dans l’unité de l’Esprit Saint.
22/03/2008 à 19:15
Un matin de Pâques, le vent et le soleil observaient un
homme, un voyageur, se hâter sur la route.
Sa pèlerine et ses souliers couverts de poussière disaient
assez qu’il venait de loin. Néanmoins, il marchait d’un pas
allègre en s’appuyant sur le bâton qui lui servait de canne.
Il portait sur l’épaule un grand sac en forme de polochon.
Ce sac contenait ses vêtements de matelot. L’homme était
un pêcheur qui rentrait chez lui après de longs mois passés
sur l’océan, là-bas, du côté de Terre-Neuve.
Comme il arrivait en haut d’une côte il vit, à bonne distance
encore, les maisons et le clocher de son village, petits, tout
petits, comme des miniatures.
Mais le voyageur sourit de contentement. Il posa son sac à
terre et s’emplit les yeux du paysage. Il s’imaginait déjà chez
lui, devinait le sourire de sa mère et croyait entendre la voix
de son père.
Et voilà que l’homme se mit à rire ! Il était si joyeux qu’il dansa
quelques pas de gigue avant de ramasser son sac et de conti-
nuer son chemin. Il ferma plus étroitement sa pèlerine sur sa
poitrine parce qu’il faisait froid ce matin-là, et en route !
Tac ! faisait le bâton. Clac ! faisaient les clous de ses semelles.
Oh ! qu’il marchait vite, à présent.
Il voulait arriver auprès de ses parents en même temps que les
cloches de Pâques qui apportent la promesse du renouveau,
au printemps.
Très haut, bien au-dessus de notre voyageur, le vent et le
soleil discutaient.
-” Regardez, disait le vent, regardez ce petit bonhomme
…pressé. Qu’il est drôle. Amusons-nous un peu. Pariez-vous
…avec moi que je l’obligerai à défaire sa pèlerine avant qu’il ne
…finisse son voyage ? ”
-” Mon cher, je veux bien parier, répondit le soleil, mais je
…parie que vous n’y arriverez pas. ”
-” Et pourquoi, je vous prie ? ” demanda le vent, soudain glacé.
-” Parce que vous ne m’en semblez pas capable. ” lui dit le
…soleil.
-” Moi… Moi… Pas capable ! Oh ! c’est trop fort ! bégaya le
…vent. On va voir ce qu’on va voir. ”
Alors le vent inspira très profondément. Il appela à lui les
esprits du noroît, de la bise, de la tramontane, du typhon, de
la tornade, et que sais-je encore ? Il gonfla, enfla… Démesu-
rément. Et quand il se sentit plein de force à ras bord, il
souffla sur le pauvre voyageur.
Il hurla, rugit, à ses oreilles, il ploya les branches des arbres,
coucha l’herbe sur la terre, emplit le ciel de gros nuages gris
et noirs qui ne tardèrent pas à crever en averse.
La pluie rageuse cinglait le sol. Le vent secouait avec force
toute la nature. Et cependant, plus il s’acharnait, plus il tem-
pêtait, soulevant follement les pans de la pèlerine du marcheur,
plus le marcheur s’enroulait dedans.
Il avait jeté son bâton et tenait le tissu de son vêtement à
deux mains pour que le vent ne le lui arrachât pas des épaules.
Notre homme était marin et des tempêtes, il en avait vu beau-
coup. Aucune d’entre elles ne l’avait empêché de monter tout
en haut du mât de misaine. Le vent, il le connaissait bien et
n’en avait pas peur. Tête baissée, dos rond, il avançait sur le
chemin en cramponnant fermement sa pèlerine.
Au bout d’une heure de hurlements et de colère, le vent, épuisé,
s’éteignit. Il n’avait pas réussi à ôter sa pèlerine au voyageur.
Alors le soleil s’éclaircit la voix et dit :
-” Hem ! Hem ! A mon tour. On va voir ce qu’on va voir. ”
Il se concentra en silence. On vit la nue à l’Est, rougir intensé-
ment. Les nuages disparurent. Les gouttes de pluie accrochées
un peu partout scintillèrent de mille feux et un bel arc-en-ciel
apparut, enjambant comme un pont magique le village vers
lequel se dirigeait notre voyageur.
Puis toute la création, du plus modeste bouton de fleur au plus
grand arbre, resplendit d’or fondu.
Notre homme s’arrêta pour contempler ce spectacle magnifique.
Le souffle coupé, il regardait le ciel pur et les oiseaux tout là
haut qui volaient gaîment, les prés, les champs, baignant dans
la lumière irréelle du soleil. Et toute cette beauté, autour de lui,
lui troublait un peu l’esprit. Il secoua la tête et reprit sa route.
Après quelque temps, comme le soleil continuait à briller et à chauffer la terre de tout son pouvoir, notre homme déboutonna
sa pèlerine du haut en bas. Enfin, au bout d’un kilomètre ou
deux (il arrivait près des premières maisons de son village),
comme la chaleur montait toujours et qu’il suait abondamment,
il finit par enlever cet encombrant vêtement et le posa sur son
bras.
Ainsi, le pari que la rudesse du vent perdit, la douceur du soleil
le gagna.
Le rire tonitruant du soleil qui se moquait du vent, se confondit
avec les notes des premières cloches qui carillonnaient
Pâques, le retour de la lumière, de l’amour, de l’espérance.
Et encore,…. ” - Très Joyeuse Fête de Pâques !! ”
Amas Pascale !
~Miss14 ~
24/03/2008 à 5:23
Merci Sourire d’Avril pour cette BD, à la chute si inattendue…
…la chute de notre petit bonhomme, on ne la voit pas… serait-il allé chercher une autre croix tout heureux d’en trouver une bien grande ?
On peut y lire bien des choses dans cette fable : la conversion, le repentir…
Et puis, la croix des autres, on ne peut l’emprunter, mais ce n’est pas pour cela que sa présence et la façon qu’ils peuvent avoir de la porter ne sert à rien ! Elle peut donner sens à notre propre chemin de croix, elle peut donner courage, elle peut nous permettre de trouver la ressource pour passer…
Et là n’est-on pas déjà quelque part proche de la communion des Saints ?
Joyeuses Pâques à tous
Jean-Paul