Le bateau dans la vitrine

Un jeune garçon passait des heures à construire une maquette de bateau à voile. Il la travaillait dans les moindres détails.

Quand le bateau fut terminé, il l’essaya dans une rivière qui se trouvait à proximité. Mais il y avait du courant. Le vent était fort. Le bateau fut emmené au loin sans que le jeune garçon ne pût le rattraper. Le cœur gros, dépité, il revint chez lui, ne se sentant pas le cœur à reconstruire un nouveau bateau.

Mais plus bas, en aval, un homme trouva le petit bateau, le ramena en ville et le vendit à un boutiquier.

Quelque temps plus tard, le jeune garçon se promenait dans la rue. Il découvre son bateau dans la vitrine. Il rentre dans le magasin, et explique au boutiquier que c’est lui qui a construit le bateau et qu’il lui appartient. Mais il ne peut prouver au marchand que ce bateau est bien le sien. Le boutiquier lui dit que la seule façon d’avoir à nouveau le bateau en sa possession est de l’acheter.

C’est ce que fait le jeune garçon. Lorsqu’il saisit le bateau des mains du boutiquier et le prend dans ses mains, le jeune garçon dit : « Petit bateau, tu es deux fois à moi et tu m’es deux fois plus précieux. Je t’ai fabriqué et je t’ai acheté ! ».

* * *

Aujourd’hui, c’est le dernier vendredi de carême. Dimanche, le jour des Rameaux, et dans une semaine pile, le vendredi-saint, nous célébrerons la passion de notre Seigneur. L’occasion nous est donnée de réfléchir et de méditer sur l’amour vertigineux dont Dieu nous aime. Nous pourrons penser, comme dans cette histoire, que nous sommes deux fois à Dieu. Notre Père dans les Cieux nous a créés et il nous a rachetés en payant un grand prix (Col 1, 16 ; Rm 5, 8).

QDVB !!

Bruno

14/03/2008

21 Réponses pour “Le bateau dans la vitrine”

  1. Redigé par annick:

    Jésus apprends-nous à reconnaître où tu te tiens, où par toi, Dieu se fait compagnon. Ouvre nos cœurs à la connaissance de la grâce dont tu nous combles sans mesure, afin que nous puissions devenir un vivant témoin de ta gloire.

  2. Redigé par Miss14:

    http://qe.catholique.org/le-careme/894-tout-sur-le-careme

    Bonjour !

    - je vous envois ce lien …. Il serait peut être temps que je me réveille, me direz vous ?!?!.. 8-))

    Vaut mieux tard que jamais !!!!

    Et sinon cela sera pour peaufiner pour l’an prochain ?!?!

    Amas.

    ~Miss14~

  3. Redigé par Miss14:

    TELEPHONE MOBILE

    Ils nous agacent bien un peu, ces téléphonistes de la rue,
    dans le monde et pourtant hors du monde ,
    l’oreille collée au portable, parlant, riant, pleurant et gesticulant,
    Ailleurs, tellement ailleurs….
    Merveilleux outil pourtant qui permet de dire :
    « Je t’aime » « j’arrive », « Ne sois pas inquiet » « Pardon »…
    Pourtant, Seigneur, n’est ce pas Toi qui as inventé le « portable » ?
    Toi qui as offert un téléphone mobile à chacun des baptisés,
    qui t’es connecté à eux par les antennes de la prière ?
    Toi qui recharges leurs batteries, par la grâce des sacrements ?
    Toi qu’on peut appeler n’importe quand et de n’importe où,
    pour te dire « Je t’aime » « Conseille moi » « Aide moi »
    « Que Ton nom soit sanctifié », « Que ta volonté soit faite » ?
    Toi qui nous appelles, pour peu qu’on ait gardé la veille,
    et qui nous signales le pauvre qu’on ne voit pas,
    le cri qu’on n’entend pas, le mal qu’on ne veut pas voir ?
    Seigneur, si je pouvais sentir ta présence aussi chaude et réelle,
    que celle qui me parle à des milliers de kilomètres.
    Si je savais t’appeler et t’écouter aussi simplement
    que je passe un coup de fil…
    Si à mon réveil, j’avais la simplicité de lever les yeux au ciel,
    pour te dire « Allô, Seigneur, la journée sera belle,
    Tu peux m’appeler quand Tu veux ! »
    Si, au milieu de la journée, je savais décrocher,
    pour répondre, comme le font les autres, à un appel que j’attends,
    et m’évader un instant, ailleurs, tellement ailleurs,
    pour parler, rire et prier avant de retourner à ce monde !
    C’est vrai que je t’entendrais tellement mieux,
    si j’éliminais tous les parasites de mon incrédulité.
    Il suffirait que je te dise :
    « Seigneur, j’ai tout mon temps:
    « Parle, ton serviteur écoute… »

    Jean GAUCI

  4. Redigé par Miss14:

    Un beau rêve

    Ma tête est remplie d’images

    Que je ne saurais reproduire

    Et devant tout cet étalage

    Je ne sais vraiment que dire

    C’est une immense palette de couleurs

    Un jardin rempli de fleurs

    On croirait voir un arc-en-ciel

    Montrant ses images les plus belles

    Loin de moi cette frayeur

    Je suis sorti de ma noirceur

    J’ai vraiment le goût de m’éclater

    Faire le fou me laisser aller

    Si maintenant vous me voyez rire

    C’est que pour moi, le pire

    Est maintenant loin derrière moi

    Et que seul dans le présent j’ai foi

    À vous tous qui souvent préférez

    Longtemps dormir au lieu de rêver

    Ouvrez vos yeux tout grand

    Faites un peu comme les enfants

    Devant la vie ne soyez pas trop sérieux

    Vous faites déjà de votre mieux

    Et rappelez-vous qu’encore à votre âge

    Il fait bon regarder les images.

    (Marcel Breault)

  5. Redigé par Emmanuelle:

    Bonsoir à tous,

    Un petit mot, juste parce que je ne serais pas là pour la fête de Pâques..et que je voudrais vous souhaiter à tous, en avance, une très belle fête.

    Pendant ma participation de la Semaine Sainte en Espagne je vais prier pour vous tous ici, qui rendez ce blog si intéressant, et à Bruno, aussi qui à eu cette très bonne idée !
    Même si je ne suis plus aussi « présente » sur le blog, je regarde vos échanges, et n’oublie pas les discussions enrichissantes que j’ai pu avoir avec toutes et tous : Sourire d’Avril, Sidonie, Zapon, Miss 14, Emeline, Annick, et tant d’autres, excusez moi si j’en oublie ! Mais sincèrement le cœur y est.

    Encore et en avance, une très bonne fête de Pâques !!!
    Que l’amour du Seigneur remplisse votre coeur
    QDVB
    Emmanuelle

  6. Redigé par Miss14:

    AUJOURD’HUI…

    Aujourd’hui, je supprimerai de mon journal intime deux jours

    >

    Hier, était pour apprendre et demain sera la conséquence

    de ce que je peux faire aujourd’hui.

    Aujourd’hui, je ferai face à la vie

    avec la conviction que ce jour ne reviendra jamais.

    Aujourd’hui, est la dernière occasion que j’ai de vivre intensément

    parce que personne ne peut m’assurer que je verrai

    le lever du soleil de demain.

    Aujourd’hui, je serai assez courageux

    pour ne pas laisser passer quelques occasions que ce soit

    de me laisser abattre, mon but est de réussir.

    Aujourd’hui, j’investirai mon temps et mon travail

    pour des ressources valables dans ma vie.

    Je passerai chaque minute passionnément, pour faire d’aujourd’hui

    un jour unique et différent dans ma vie.

    Aujourd’hui, je défierai chaque obstacle qui apparaîtra sur mon chemin,

    et en me faisant confiance, je réussirai.

    Aujourd’hui, je résisterai au pessimisme pour conquérir le monde avec un sourire.

    Aujourd’hui, je ferai de chaque tâche ordinaire une expression sublime.

    Aujourd’hui, j’aurai mes deux pieds sur la terre

    Je comprendrai la réalité et je fixerai les étoiles du regard

    pour inventer le futur.

    Aujourd’hui, je prendrai le temps d’être heureux

    et je laisserai dans le coeur des autres,

    les empreintes de mon passage et de ma présence.

    Aujourd’hui, je vous invite à commencer une nouvelle journée

    là où nous pouvons rêver que tout ce que nous entreprenons est possible

    et nous l’accomplirons dans la joie et la dignité avec l’attitude positive

    d’attendre toujours le meilleur.

    ~ —— ~ —– ~

    Très bonne journée d’AUJOURD’HUI !!

    Avec mon Amitié Sincére !

    ~Miss14~

  7. Redigé par Sourire d'Avril:

    Emmanuelle,
    Tu vas partir vers le soleil d’Espagne et vers la LUMIERE de Pâques…
    Un beau voyage, un beau passage de printemps, de Renaissance !
    Merci de tout coeur pour tes prières, tu seras toi et ta famille dans les miennes mais ici sous la pluie !!!
    Peut-être pourras-tu nous faire découvrir l’ambiance d’une semaine sainte à l’espagnole …l’église du Christ aux mille visages, universelle !
    BON et HEUREUX VOYAGE !
    A bientôt
    Bises
    Sourire d’Avril

  8. Redigé par Roy:

    Merci pour vos reflections, Bruno….je vous souhaite une semaine sainte emouvante.

    –Roy

  9. Redigé par Miss14:

    L’acte juste
    On ne détruit pas les ténèbres en luttant contre elles, mais en allumant la lumière.

    On ne détruit pas le mal en luttant contre lui, mais en faisant le bien.

    On ne détruit pas la haine ou la peur en s’acharnant contre elles, mais en laissant monter la tendresse-amour.

    C’est en allant vers l’est que l’on s’éloigne de l’ouest.

    C’est en allant vers plus de vie qu’on dépasse la mort.

    C’est en allant vers ce qui dure qu’on est libre de ce qui ne dure pas.

    Placide Gaboury, Paroles pour le coeur

  10. Redigé par annick:

    “Dieu a tant aimé le monde qu’Il a donné son Fils”

    A tous très belle semaine, celle qui mène à la vie inespérée….

    Annick

  11. Redigé par alouette:

    Bonjour à tous et à toutes ! Moi aussi je vous souhaite une bonne semaine sainte et une belle fête de Pâques, et même si je suis un peu irrégulière sur le blog (parce qu’au niveau emploi du temps je suis genre un peu “coulée”!!!) j’apprécie à chaque fois de m’y promener; alors merci au père Bruno et à vous tous qui le faites vivre si fidèlement. A mon tour, alors que nous allons revivre ensemble la Passion de Jésus, je vous livre une petite anecdote, garantie véridique, sauf le prénom.

    Véronique est une petite jeune fille trisomique, d’environ 16 ans.
    Un jour, après avoir pris dans ses mains un ballon souillé, puis s’être frotté les yeux , elle infecta son œil gauche. Le médecin, aussitôt consulté, prescrivit un traitement qui, hélas, resta sans effets, et l’état de l’œil ne cessait d’empirer.
    Consulté à nouveau, le médecin, connaissant la foi de la jeune fille, et étant lui-même profondément croyant, lui demanda d’aller à l’église toute proche : « Ecoute, Véronique, tu verras sur la gauche, en entrant , un grand Christ en croix ; demande-lui donc de guérir ton œil ! ».
    La jeune fille se rendit donc à l’église avec sa mère, s’approcha du crucifix…mais, presque aussitôt, elle ressortit ! Surprise, sa mère l’interrogea :
    «- eh bien, Véronique, tu ne demandes pas à Jésus de guérir ton oeil ?
    - mais enfin, maman, je ne peux pas ! tu ne vois donc pas, lui, dans quel état il a les siens ? »

    Bien unie à vous tous dans la prière,
    Alouette

  12. Redigé par Miss14:

    BON, là je fais un peu vite …. Je vais être en retar, en retard, en retard …..
    Pourquoi nous faut-il toujours courir aprés le temps ????????

    Bien à vous !!

    ~Miss14 ~

    ~—————————- ~

    Le bonheur est une trajectoire et non pas une destination

    Si tu ne trouves pas le bonheur,
    C’est peut-être que tu le cherches ailleurs,
    Ailleurs que dans tes souliers…
    Ailleurs que dans ton foyer.
    Selon toi, les autres sont plus heureux,
    Mais toi, tu ne vis pas chez eux…,
    Tu oublies que chacun a ses tracas,
    Tu n’aimeras sûrement pas mieux son cas.
    Comment peux-tu aimer la vie,
    Si ton coeur est plein d’envies ?
    Si tu ne t’aimes pas,
    Si tu ne t’acceptes pas?
    Le plus grand obstacle au bonheur, sans doute,
    C’est de rêver d’un bonheur trop grand,
    Sachons cueillir le bonheur au compte-gouttes,
    Ce sont les plus petites gouttes qui font les océans.
    Ne cherchons pas le bonheur dans nos souvenirs,
    Ne le cherchons pas non plus dans l’avenir.
    Cherchons le bonheur dans le présent,
    C’est là et là seulement qu’il nous attend.
    Le bonheur ce n’est pas un objet
    Que l’on peut trouver quelque part hors de nous.
    Le bonheur ce n’est qu’un projet
    Qui part de nous et se réalise en nous.
    Il n’existe pas de marchands de bonheur…
    Il n’existe pas de machine à bonheur…
    Il existe des gens qui croient au bonheur.
    Ce sont des gens qui font eux-mêmes leur bonheur.
    Si dans votre miroir votre figure vous déplaît,
    A quoi ça sert de briser le miroir…?
    Ce n’est pas lui qu’il faut casser !
    C’est vous qu’il faut changer.
    Les 5 clés du bonheur

    Le bonheur ? Bichonner ses amis. “En contrepoint à l’ego attitude, penser aux autres est important pour être heureux” affirme Albert Ellis, fondateur de l’approche émotivo-rationnelle. Son conseil : ne cherchez pas à vous sentir systématiquement aimé ou accepté par votre entourage. Faites de l’approbation des autres un objectif souhaitable, mais non indispensable. Au lieu d’attendre des autres, soyez prêt à donner. N’hésitez pas à rendre service ou à multiplier les occasions de faire la fête. Invitez vos voisins à dîner ou organisez des brunchs avec vos amis, le dimanche. Ça demande bien moins de temps et de moyens qu’on l’imagine.
    De vieilles rancunes au sujet d’un ex, une histoire familiale difficile… il arrive que les souvenirs soient parfois encombrants. Pour gagner en légèreté et donc en capital bonheur faire la paix avec son passé est souvent une nécessité. Il suffit parfois d’en parler. C’est souvent plus facile, avec une amie, même si l’objet de la discorde est sensible. Dans le cadre du couple ou de la famille, c’est parfois plus délicat. Le travail de deuil ou de pardon ne se fait pas tout seul, l’accepter est déjà un pas vers la résolution du problème. Aujourd’hui consulter un psy est devenu courant.

  13. Redigé par Miss14:

    …..Mais vers la résolution des problémes il y a les priéres et l’Amour que nous portons à notre Seigneur ….. et je ne dis absolument pas cela parce que je suis sur un blog catho’ !
    Souvenez-vous !…. J’aime l’honnêteté pour moi-même et pour les autres.

    Très bonne fin de soirée !

    ~Miss14 ~

  14. Redigé par Miss14:

    Bonjour à vous tous et toutes !

    Le frère Philippe Lefebvre vit au couvent Saint-Albert-le-Grand à Fribourg (Suisse). Après une formation supérieure en Lettres, au cours de laquelle il s’est familiarisé avec la Bible, il s’est spécialisé dans l’étude des relations entre l’Ancien et le Nouveau Testament. Il enseigne l’Écriture Sainte à l’Université de Fribourg.

    INFORMATION :

    En plus de la vidéo de la semaine, le site du Jour du Seigneur diffuse à partir de dimanche 16 mars, 11 heures, un documentaire intitulé “Vivre la Pâque avec le Christ” pour entrer dans la Semaine Sainte.
    Ce documentaire nous donne à entendre le témoignage de Madame Collin-Paris, organiste de la cathédrale de Saint-Malo, sur l’aide que lui apporte l’eucharistie pour surmonter au quotidien la mort de son fils, notre frère Vincent Paris, décédé il y a un an au couvent de Lille.

    Ce reportage, ainsi que cette dernière semaine de Retraite dans la Ville 2008, sont dédiés à la mémoire de notre frère Vincent.

    LE CHEMIN DU JUSTE

    Le grand récit de la passion du Christ que nous lisons aujourd’hui n’est pas une pièce de musée. Il a été écrit pour éclairer le parcours de ceux parmi nous qui, voulant donner la vie autour d’eux, ne récoltent qu’incompréhension, hostilité, mépris. Ce texte présente un itinéraire typique qui aide à comprendre beaucoup d’autres chemins : il évoque le parcours d’une personne, le Christ, qui est dans la plénitude du don de soi, du souci pour les autres, et qui ne reçoit en retour que l’abandon des proches, l’accusation, la condamnation. Et pourtant, ce n’est pas un itinéraire absurde : le Christ et tous ceux qui lui ressemblent de par le monde ont raison d’aller jusqu’au bout. Ils ne se trompent pas quand ils témoignent de la vie, quand ils refusent de se laisser impressionner par les menaces. Ils restent fidèles à leur inspiration la plus profonde — ce que Jésus appelle « faire la volonté du Père ».

    Le Juste, envoyé de Dieu

    La passion et la résurrection du Christ résument toute la vie de Jésus. Elles résument aussi les vies de tous ceux avant lui qui ont suivi un chemin de vie alors que leurs entourages voulaient les éliminer pour continuer à vivoter dans leurs petits mondes.

    Souvenons-nous de Joseph dans la Genèse que ses frères ont vendu comme esclave en Égypte. Il les retrouve bien des années plus tard ; il est alors devenu en Égypte un ministre qui fait tout pour que le peuple mange en un temps de famine. Joseph dit à ses frères : « Ne vous tourmentez pas de ce que vous m’avez vendu ici ; car c’est pour procurer la vie que Dieu m’a envoyé en avant de vous […]. Ce n’est pas vous qui m’avez envoyé ici, mais Dieu » (Genèse 45, 5.8). Joseph a toujours voulu le bien au nom de Dieu pour ceux qui l’entourent, et comme il le dira encore : « Dieu a fait tourner en bien tout le mal que [ses frères] avaient médité » (Genèse 50, 20).

    Le courage du Juste

    Voilà ce que nous allons célébrer et méditer pendant cette Semaine sainte : le peuple de ceux et celles qui accueillent pleinement la vie, qui la promeuvent, qui désirent la partager coûte que coûte. Ces gens-là sont souvent mal compris, mal perçus. Ils manifestent un tel goût pour la vie, une telle volonté de donner et de se donner qu’ils semblent étranges, étrangers, à leurs proches. Dans la Genèse, la bande des frères se méfie depuis toujours de Joseph qui parle de Dieu et raconte ses rêves pleins de sens (Genèse 37). De même quand Jésus se met à parler à ses compatriotes de Nazareth, ceux-ci deviennent vite furieux : « Pour qui se prend-il, ce Jésus. On connaît sa famille : qu’il soit comme tout le monde » (Luc 4, 16-30).

    Mais non : celui ou celle qui sait que la vie vient de plus loin que nous, qu’elle ne peut se fabriquer ni se maîtriser, qu’elle est un don précieux, ceux-là ne peuvent pas vivre comme tout le monde. Et ils vont vite se heurter à la malveillance, voire à la fureur de leurs voisins. Commencent alors leur chemin de croix, leur calvaire. On déforme leurs propos, on fait semblant de ne pas les comprendre, on les rétrograde, on les menace, on cherche à les brimer, à les briser. Mais ils ne renoncent pas à ce qu’ils sont, ils ne dérogent pas à leur volonté de donner.

    Le juste, crucifié avec le Christ

    La passion du Christ résume donc le parcours de bien des gens qui nous écoutent aujourd’hui, de bien des personnes cachées qui n’auront jamais les honneurs des médias. Le Christ s’avance cette semaine en compagnie de toutes ces personnalités souterraines, de la même trempe que lui, et qui travaillent à la vie dans des milieux réticents et offensifs.

    On peut citer cette femme Tootsie au Rwanda, qu’évoque le journaliste et écrivain Jean Hatzfeld : elle nourrissait secrètement de jeunes Hutus en fuite ; elle a fini par être tuée par son propre mari, un massacreur de Hutus. On peut citer telle autre femme de notre connaissance qui, aux côtés d’un mari invivable et brutal, traverse les manipulations et les humiliations qu’il lui impose et résiste au jour le jour, digne et jamais dupe.

    La passion du Christ, c’est la passion connue ou inconnue de beaucoup. Ces chemins de croix, redisons-le, ne sont pas du non-sens. Ils inscrivent dans ce monde une autre logique que celle du pouvoir et de la domination ; ils enracinent dans la chair de ceux qui les parcourent la présence même de Dieu. Dieu est présent sur cette terre dans le corps de ceux et celles qui, croyants ou pas, résistent à tout ce qui bafoue l’humain et travaillent à honorer la vie contre vents et marées. En voyant ces gens-là, on voit le Christ. En regardant le Christ, on aperçoit ces gens-là.

    Ils sont le Peuple de Dieu, les enfant de Dieu dispersés et aujourd’hui rassemblés dans le corps du Christ souffrant et déjà triomphant.
    Leur corps broyé et humilié fait corps avec le corps broyé et humilié du Christ, ce corps qu’il donne souverainement pour la vie de tous.

  15. Redigé par Miss14:

    L’horizon de Pâques

    Nous voici partis ensemble depuis le mercredi des Cendres, et l’horizon de Pâques, d’abord lointain, commence à se dessiner avec plus de précision.
    C’est peut être l’heure du premier bilan : avons-nous suivi nos bonnes résolutions, avons-nous pu marcher d’un aussi bon pas que nous l’aurions voulu?… Le tableau n’est probablement pas toujours à la hauteur de nos espérances.
    Et pourtant, quel qu’ait-été notre carême, nous sommes d’abord invités à nous réjouir, alors que le Christ rentre à Jérusalem, sous les acclamations. A nous réjouir et à nous rendre présent pour cette ultime semaine, dans laquelle le Christ va vivre sa passion.

    Célebrons le corps du Christ

    Durant cette semaine sainte, la dénomination du Peuple de Dieu comme corps du Christ va prendre toute sa signification. Le corps du Christ est en effet au coeur des mystères que nous allons célébrer : corps donné dans l’eucharistie le Jeudi Saint, corps humilié sur la croix le Vendredi, corps inanimé au tombeau le Samedi, dans l’espérance de la lumière de la nuit pascale.

    Avec le frère Philippe Lefebvre, nous sommes invités à explorer ce mystère de l’incarnation qui se déploie cette semaine, pour en renouveler notre vision. Pour redécouvrir que le Christ nous rejoint et nous précède dans nos souffrances les plus profondes. Pour éprouver à nouveau l’amour du Père qui veut le salut de toute notre personne, corps et âme. Pour retrouver la joie de la rencontre et de la réconciliation entre l’homme et Dieu.

    Et parce que cette incarnation n’est pas qu’un mot mais qu’elle s’inscrit parfois douloureusement dans notre chair, nous ferons particulièrement mémoire en cette semaine de notre frère Vincent, décédé l’année dernière. Nous n’oublierons pas non plus nos frères chrétiens d’Irak.

    Prions les uns pour les autres

    Que cette Semaine Sainte, qui nous invite à revivre avec le Christ les mystères de sa passion, soit pour nous l’occasion de redécouvrir avec émerveillement sa présence, au coeur de notre humanité.

    Les frères de Lille vous portent dans leurs prières.

    Fraternellement,

    frère Marc-Antoine Bêchétoille, o.p.
    pour l’équipe de Retraite dans la Ville.

    ~Miss14 ~

    …… ET très bonne semaine Sainte à vous tous !

  16. Redigé par Sourire d'Avril:

    Bonjour à tous,
    Juste un petit mot pour remercier Alouette pour son histoire vraie et si émouvante ! Savons-nous comme Véronique aller aussi bien à l’essentiel ?

    Je remercie aussi Miss 14 plus spécialement pour son billet du 16/3 à
    3.05 qui m’a particulièrement émue ….La Passion du Christ, toujours la “même histoire” (mais avec un éclairage différent selon l’évangéliste) mais à chaque fois elle nous remue le coeur en profondeur ! Il est interpellant et intéressant de relire la Passion du Christ avec chaque évangéliste, chacun témoigne “à sa façon” d’une réalité historique ! Chaque témoignage nous remue les entrailles …N’est-ce pas ?

    Je ne sais pas chez vous, mais dans ma paroisse le décor florale réalisé par l’équipe florale était sobre, superbe et si “parlant”….
    Je suis toujours sensible à ces bouquets qui participent pleinement à la liturgie et “font monter nos prières” vers le Seigneur….
    Un grand MERCI à toutes les équipes florales ….une activité “discrète” au service de la Parole mais essentielle !
    Un sourire de Sourire d’Avril

  17. Redigé par annick:

    Bonsoir Alouette,

    “Miséricordieux le temps
    qui achemine vers le soir,
    vers la nuit, vers demain.”
    Roger Munier

    Parole du Seigneur ; ” Ne crains pas car je suis avec toi, n’aie pas ce regard anxieux, car je suis to Dieu. (..) Oui, je t’aide, oui, je te soutiens par ma droite qui fait justice. (..) Moi, le Seigneur, je suis ton Dieu qui tiens ta main droite, qui te dis : Ne crains pas, c’est moi qui t’aide.”
    Isaïe

    Bien longues sont vos journées, éternel est l’amour !

    Bon courage, je prie pour vous.

    Annick

  18. Redigé par annick:

    Bonsoir à tous,

    La petite histoire d’Alouette m’a donné l’idée de vous raconter celle-ci.( mais … pas étonnant de ma part, elle est beaucoup plus longue !!)

    Il y a quelques semaines, voilà ce que me racontait mon médecin.

    “C’est de votre faute, à vous les médecins, si je suis vivante. Moi qui suis si croyante, je serais bien mieux au ciel que sur cette terre, à mon âge.” Ce sont les premiers mots qu’une femme lui adressait, tout juste sortie de l’hôpital en venant la voir chez elle.

    Il lui répondit : “Madame, les médecins ont fait leur travail, rien de plus. Si vous êtes vivante, et bien vivante, c’est que vous l’avez voulu. Résister à un infarctus avec œdème pulmonaire et dix jours de réanimation à 90 ans, il faut le faire. Vous avez dû lutter pour vivre, vous auriez pu vous laisser mourir. Puisque vous me dites être si croyante, peut-être devriez-vous vous adresser directement à Celui dont vous dites qu’il vous attend. Chacun sa place !
    - Vous croyez qu’on peut s’adresser à lui ainsi, docteur ?
    - Je ne sais pas. C’est votre virulence à l’égard du corps médical qui m’autorise à vous dire cela.”

    Après avoir vérifié la tension et le rythme cardiaque, il lui confirme simplement la nouvelle prescription hospitalière et il la salue.
    Le hasard de sa tournée l’a conduit vers une autre femme, âgée, elle aussi. Elle sait ses jours comptés, faisant face à un cancer arrivé à la phase dite terminale. Lors de sa dernière visite, elle lui avait dit sa tristesse de devoir partir, tout en mobilisant ses forces pour tenter de vivre encore un peu. Elle, au contraire de la précédente, se présentait comme très anticléricale.
    “Il n’y a rien après, docteur. Alors, vous comprenez, je m’accroche.
    - Je comprends, je comprends !
    - Prenez un chocolat dans la boite, docteur !”
    Comme à chaque visite, il choisissait un excellent chocolat. C’était devenu une habitude presque un rite.
    Elle le rappelle dès le lendemain de sa visite, décrivant une gêne respiratoire. Il retourne la voir, et la trouve très angoissée. Sa situation clinique n’était pas plus préoccupante que la veille. Il s’assied auprès de son lit.
    - Docteur, j’ai peur.
    - Peur, mais de quoi avez-vous peur ?
    - J’ai peur pour après, docteur.
    - Vous m’avez dit hier qu’après, il n’y a rien. Alors, pourquoi avoir peur ?
    - Oui docteur. Mais le passage, le passage….
    Après un long temps de silence partagé, elle ajoute : “N’oubliez pas votre chocolat, docteur. Et si vous le pouvez, j’aimerais vous voir demain.”

    Le lendemain, c’est sa fille qui lui ouvre la porte et le conduit auprès de sa mère, beaucoup plus faible que la veille, mais très présente.
    - Comment vous sentez-vous, ce matin ?
    - Ma fille me prépare tous les matins mes médicaments. Je les prends. Je suis très fatiguée. Je sais plus bien où je vais. Catherine, tu n’as pas oublié l’hostie que le docteur a dit de mettre sur mon cœur ?
    - L’hostie que j’ai dit de mettre sur votre cœur ? Mais de quelle hostie voulez-vous parlez ? Vous m’avez dit une fois, avec force, que vous ne croyez pas à ces affaires de curés. D’où sortez-vous cette histoire ?
    - Vous savez docteur, le petit rond que vous m’avez ordonné de coller sur ma poitrine, pour mon cœur.
    - vous voulez parler du patch de trinitrine ?
    - Oui, c’est ça, c’est ça, si vous voulez, docteur.
    Il n’en a pas demandé plus. Il reste sur ce “si vous voulez, docteur”. Une parole de liberté. Il a choisi de n’en dire pas plus face au mystère des mots.
    Le lendemain matin, nouvelle visite. Respiration courte, cœur irrégulier, un tout petit reste d’énergie. Esquisse d’un sourire, malgré les forces de départ qui prennent le dessus sur le désir de vivre.
    Comme promis, il appelle en fin de journée, après la fin de ses consultations. C’est sa fille qui répond.
    - “Docteur, elle n’est plus. Après votre passage ce matin, elle ne répondait plus. Il y a quelques minutes, son cœur s’est arrêté.
    Un quart d’heure plus tard, il est sur place. Temps de l’émotion, du recueillement, puis du récit d’une journée, d’un parcours, d’une vie.
    Arrive l’heure de rentrer chez lui. “Docteur, prenez un chocolat dans la boite, ma mère était si heureuse de voir avec quel plaisir vous les mangiez.”
    Il se penche, prend un chocolat. C’est le dernier. La boite est vide.

    L’une croit, l’autre pas….A moins que devant l’épreuve, les certitudes se décomposent ou se recomposent, livrant l’éclat d’une vérité ultime.

    Chacun de nous est tour à tour :
    celui qui donne et celui qui reçoit,
    celui qui réconforte et celui qui est sauvé.

    QDVB !

    Annick

  19. Redigé par Sourire d'Avril:

    Bonjour Annick,
    Ta belle histoire me fait dire qu’il doit être bien difficile d’accompagner les personnes dans les derniers instants de la vie terrestre, et confrontées à l’angoisse de l’après !
    Trouver les mots justes, la bonne “distance” pour respecter le cheminement de celui qui va partir, essayer de lui apporter par notre présence, nos gestes un “apaisement” …
    Mon Dieu ! Que ton Esprit Saint vienne nous éclairer !

    Cela m’amène encore à penser à la présence si utile et remarquable des personnes soignantes, des aumôniers oeuvrants dans les hôpitaux, et bien sûr de la famille….
    Que Dieu les bénisse tous !
    Sourire d’Avril

  20. Redigé par Miss14:

    A vous toutes MES- DAMES !!
    & avec toute ma sympathie !

    ….. Mais surtout à toi, notre Maman Céleste !!……..

    ~Miss14 ~

    ~ ————- ~

    La maman

    Du soir au matin, du matin au soir, il travaillait sans relâche depuis six jours à créer la maman. Lui apparût alors un ange qui lui dit:

    - Vous en mettez du temps pour cette créature-là!

    Le Bon Dieu lui répondit:

    - As-tu seulement lu sa fiche technique? Il faut qu’elle soit entièrement lavable sans être de plastique, elle est composée de mille pièces mobiles et toutes remplaçables, elle roule au café noir et aux “restants” de cuisine, elle marie la douceur de roulement à la solidité de la carrosserie. Ses baisers guérissent tout, depuis les entorses aux chevilles jusqu’aux chagrins d’amour… Il lui faut aussi six paires de mains!

    L’ange hocha la tête.

    - Six paires de mains? Impossible!

    - Ce ne sont pas tellement les mains qui m’embarrassent, explique le Bon Dieu, mais les trois paires d’yeux indispensables à toute maman.

    - Ce n’est pas conforme au prototype, riposta l’ange!

    En soupirant, le Bon Dieu continua:

    - Il lui faut une paire d’yeux qui voient à travers les portes fermées: “Qu’est-ce que vous faites là, les enfants?” tout en connaissant la réponse. Une autre paire d’yeux derrière la tête pour voir ce qu’elle ne devrait pas voir, mais qu’elle doit savoir. Et une troisième paire par devant, pour regarder l’enfant qui fait une bêtise, des yeux qui disent quand même ” Je t’aime et je te comprends…” Et sans ouvrir la bouche!

    - Seigneur , dit l’ange en lui tapotant amicalement l’épaule, allez vous coucher, il se fait tard. A chaque jour suffit sa peine…

    - Je ne peux pas, répond le Bon Dieu, je sens que je touche au but; je suis sur le point de créer un être véritablement à mon image, un être qui me ressemble! J’ai enfin réussi à rendre cette créature capable de guérir toute seule quand elle est malade, de préparer un repas pour six personnes avec une livre de viande hachée, de faire prendre son bain à son grand garçon de neuf ans, de consoler le premier chagrin d’amour de sa grande de quinze ans.

    L’ange continua l’inspection de la future maman.

    - Trop délicate, murmure-t-il.

    - Oui mais combien résistante, réplique vivement le Bon Dieu! C’est incroyable tout ce que cette créature peut supporter!

    - Elle peut penser, demande l’ange?

    - Non seulement penser, mais encore aimer et apaiser, dit le Bon Dieu.

    L’ange continua l’examen, passe son doigt sur la joue et fait remarquer:

    - Oh! Il y a une fuite!

    - Ce n’est pas une fuite, dit le Bon Dieu, c’est une larme!

    - Une larme de quoi, demanda l’ange?

    - Une larme de joie, de tendresse, de déception, de tristesse, de solitude ou encore de fierté, dit le Bon Dieu.

    - Ce sera sûrement le chef d’œuvre de toute la création, conclut l’ange.

    - De fait, ajoute le Bon Dieu, j’en suis si fier que j’en prépare une pour mon propre Fils.

    Je l’appellerai Marie.

  21. Redigé par Miss14:

    La souffrance n’a pas de sens. Sinon celui de rappeler à l’être humain sa fragilité. La maladie, la douleur, la souffrance, la mort sont des signes de ce chaos toujours menaçant, chaos qui abîme la Création, la défigure, la déséquilibre. Chaos qui nie Dieu dans sa force de susciter et de re-susciter la vie, et dans sa force d’aimer.
    La souffrance oblige au combat. Pour celui qui la subit. Et, si Dieu est présent dans l’univers de vie de celui que la maladie grave atteint, la souffrance est combat avec Dieu. Combat pour rester soi-même. Combat pour redonner du sens à sa vie. Combat pour espérer, même contre toute espérance. Avec, pour seule victoire possible, le renoncement, l’acceptation, la confiance renouvelée et, ce que nous vivons très souvent, une infinie reconnaissance au moment de l’ultime abandon de soi à Dieu.

    C’est parfois aussi le temps chez le malade, non d’une parole, mais d’un silence. Silence du corps autant que de la voix. Silence exigeant le silence. Silence de combat ? de paix ? de prière ? Silence qui isole encore mais silence quelquefois impénétrable. Silence obstiné de l’homme. Face au silence de Dieu ? Ou plutôt face à une réalité que l’homme ne voit plus habitée par Dieu et son Souffle ? C’est pour cela qu’il faut être présent, comme visiteur d’une aumônerie, comme aumônier. Il faut un témoin et du silence désespéré de l’homme et de la présence aimante et fidèle d Dieu. Un témoin qui pense et prie tout autant le Psaume 88 que le Psaume 8, les Béatitudes et le Notre Père…

    ~Miss14 ~

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